Vous connaisse monsieur Jorge Lavezzi ? Moi non plus. Et je ne le connaîtrai jamais parce que, ce matin, en allant cherche du poisson au marché de Rosario en Argentine, il a reçu une balle en pleine tête. Un fait divers assez banal en Amérique latine. Le genre de truc qui, en général, fait à peine deux lignes dans la presse là-bas. Et encore.

Pardon ? Non, je ne connais pas ce monsieur, c'est dramatique et condoléances à sa famille. Mais, komenkejesé que cet homme est mort ? Parce que toute la presse en parle. Ah bon ? Et pourquoi ? C'était un narco ? Un caïd de la drogue ? Non, non, juste un monsieur qui allait acheter du poisson au marché de Rosario. Et alors ? Et alors rien. Juste que ce monsieur était l'oncle d'un joueur de football, ce qui est important quand même, non.

Rassurez-vous, je vous tiendrai au courant quand l'arrière-petite-cousine par mésalliance de Lionel Messi aura ses premières règles et je pourrai même vous dire si elle est plutôt tampon que serviette. Etant entendu, je l'ai appris avec grand étonnement il y a deux ou trois ans que, dans le monde, les dames sont serviettes à 75 %. 

Ô la délicate musique plastique qui suinte d'entre leurs jambes à chacun de leurs pas.

Pardon ? Je n'ai pas entendu. Ah, je croyais avoir entendu un merci pour vous avoir appris cette double nouvelle dont tout le monde se fout...