On veille, on pense à tout, à rien
On ouvre son petit répertroire téléphonique acheté voici plus de vingt ans au Moma de New-York. (On ne se prend pas pour de la merde). On ne sait pas pourquoi on le garde. La couverture est plus que sale. Des pages se sont détachées. On les remet vaille que vaille. On se di qu'il serait temps d'en acheter un autre, mais, à quoi bon ? Il faudrait recopier toutes les adresses. Tous les numéros. Une tâche qui me semble impossible.
Comme on n'a rien à faire, on se met à lire tous les noms, numéros et adresses. On se rend compte qu'on avait pris la peine de tracer une croix près de ceux ou de celles qui ne sont plus ici. Parfois, on écrivait une date pour se souvenir quand ils étaient partis. Parfois, rarement je dois dire. On se dit que l'on s'en souviendra mais l'on s'étonne vite de savoir qu'il y a déjà dix ans qu'ils ont disparu. On pensait qu'il n'y en avait que trois ou quatre.
On compte les croix. À mesure que le temps passe, elles sont de plus en plus nombreuses. On n'ose plus compter de peur de voir qu'elles remplissent près de la moitié du répertoire. Et on se dit que ce n'est pas fini. Qu'il y aura bien un ou une qui sera le dernier ou la dernière, mais on ne le saura pas. Et qu'il sera terrible le moment ou l'une ou l'autre pourra écrire (mais à qui ?) qu'il n'a plus d'ami ou d'amie. Plus personne avec qui parler, Pleurer ou rire.
Alors, on chante pour passer le temps...
Sale temps pour les mots
Dominique Rolin à Paris. Carlos Fuentes à Mexico. Il ne faisait pas bon être écrivain ce 15 mai...
Si Hollande passe, je m'exile
Enfin une promesse tenue ?
(Il y a Sainte-Hélène aussi)...
Choses vues (suite)
Durant mon idyllique séjour à l'hôtel de la Citadelle, Dédé fut mon compagnon de chambrée pendant une dizaine de jours. Tandis que je m'attendais à passer une deuxième nuit calme seul dans ma chambre à deux lits, on l'avait amené d'urgence près de moi sur le coup de vingt heures. Vaillant sexagénaire, il avait été pris d'un malaise en allant rendre visite à sa douce amie trentenaire hospitalisée dans une salle faisant face à la nôtre. Tout comme moi, Dédé était diabétique insulino-dépendant. Il était, comme on dit à Liège, "tombé de sa maclotte" avec 510 mg de sucre dans le sang! Cela ne vous dira sans doute rien, mais le taux normal est de ± 100 mg... Autrement dit, à 510 on devrai voir plus que les anges, on devrait même commencer à leur parler.
Le programme de la journée de Dédé était immuable. Il se levait à sept heures, allumait la télé, mettait le volume au maximum (il était un peu sourd) et ne l'éteignait même pas car, en général, il s'endormait "devant l'poste" aux environs de minuit.
À huit heures, sa dulcinée l'appelait sur son portable et ils se faisaient des signes à travers la fenêtre. C'était émouvant. Dédé était un énervé. Il trouvait que tous les médecins étaient des cons. Ils l'obligeaient à se faire deux injections d'insuline, matin et soir. La preuve que c'étaient des cons, c'est que cela faisait six mois qu'il ne faisait plus de piqûres et qu'il se portait à merveille (sic).
Dédé avait un autre rituel. Tous les matins, alors que la télé était au volume maximum, il descendait à la boulanger s'acheter quelques... pâtisseries. C'est ainsi que, le premier jour, il revint avec une grosse tarte au riz qu'il mangea presque entièrement. Il trouvait que la bouffe de l'hosto était dégueulasse. Je ne peux pas lui donner tort. Mais bon. On est diabétique ou on ne l'est pas. Au cinquième jour (je pouvais alors me lever, remarcher et donc échapper à la télé en allant me promener dans le parc), il y eut un miracle: pour la première fois, la glycémie de Dédé était non seulement descendue sous les 300, mais elle était dans les normes. Il fallait bien fêter cela. Il se rua au magasin pour y faire provision de confiture, nutella dont il maçonnait gaiement ses deux ou trois pains au chocolat du matin. Il s'acheta aussi une boîte de sucre (il est vrai qu'il en mettait six dans chaque tasse de café) et, petite récompense, un gros pain cramique dont il avala cinq ou six tranches d'un seul coup.
Tu vois, me dit-il, que les médecins sont des cons, je suis revenu à la normale sans qu'ils fassent quelque chose. Le problème avec moi, c'est que mon taux de sucre remonte sans cesse et ça ils ne sont même pas fichus de m'expliquer pourquoi... Les infirmières s'impatientaient, la diabétologue se désespérait, "écoutez, Monsieur, moi, je suis payée pour vous soigner, je ne suis pas votre maman, mais vous ne faites aucun effort". Quand je vous disais que Dédé était sourd. Il était devenu un sujet de plaisanterie entre les infirmières et moi.
Est-ce de guerre lasse qu'on le laissa sortir deux jours avant moi? Il y avait sans doute un peu de ça. Le lendemain, sa dulcinée appela les infirmières pour leur dire qu'il était rentré chez lui en oubliant... son insuline! Sacré Dédé!
Elle vint aussi me parle pour me demander comment je trouvais Dédé? Je lui répondis qu'il ne se soignait pas très sérieusement. Vous croyez qu'il va claquer? Oh, je ne le dirais pas comme ça, mais s'il continue comme ça, vous ne pourrez sans doute pas lui offrir un cadeau à Noël.
Elle poussa un soupir et, avant de quitter ma chambre (où, soit dit en passant, elle n'avait rien à faire, mais c'était l'heure des visites) me dit "allez, je vous quitte, je vous donne un bisou".
C'était un bisou qui aurait voulu être plus que ça. Mais qui ne me fit aucun effet. Elle devait pourtant savoir que trouver un diabétique de plus de cinquante ans qui ne soit pas impuissant est plus rare que trouver un diamant dans la Meuse.
Avant de partir, Dédé m'avait dit "ah, les femmes, elles peuvent être belles, douces, aimables, mais, avant tout, avant tout, qu'est-ce qu'elles sont chiantes".
C'était, avec la bouffe d'hôpital, un deuxième point sur lequel nous étions d'accord...
Image d'Epinal
La France aux François
8 mai 2012
Question de style...
C'est le lendemain de la veille
Il va devoir se lever encore plus tôt...
Les derniers jours du petit Nicolas
Si l'on en croit les sondages...
Je suis obligé de créer une nouvelle rubrique... C'est chose faite.
Je ne sais pas si Carlita a déjà introduit une demande de divorce, parce que, je la comprends, un père looser, ce n'est pas l'idéal pour sa fille. Adieu Fouquet's, yachts et Euro Disney (quand même déclarer sa flammèche à Euro Disney à une greluche tendance dskanienne, ça faisait super ringard.
Le président le plus vulgaire, le plus grossier, le plus méprisant de toute l'histoire de la France n'aura donc tenu que cinq années de trop.
Ça va certes m'obliger à raîller la gauche (il n'y a pas de raison). Et maintenant, que fais-je faire? Pour reprendre son slogan. Rien, bien entendu. Mais, Monsieur Hollande, Monsieur le Président, ne faites pas comme l'autre, le vaincu, le sdf des oubliettes de l'Histoire, si vous pouviez déjà ne pas mépriser les peuples qui font la France comme l'autre l'a fait pendant cinq ans, ce serait déjà une grande chose.
Cela me permettrait peut-être de retrouver votre pays le coeur plus léger.






