16 juillet 2008
Dans un grenier, qu'on est bien à vingt ans
En Belgique (enfin, ce qu'il en reste), on appelle "kot" une chambre louée aux universitaires pour leur permettre de devenir tranquillement la future élite de la feue nation. Certains propriétaires ne se gênent nullement de demander des prix relativement exorbitants pour ce qui ressemble le plus souvent de loin que de près à un toit. Mais, qu'importe, dans un grenier, on est bien à vingt ans.
Sauf que.
Sauf que, quand même, c'est pas parce que papa et maman payent les études qu'il faut se contenter d'un clapier avec un évier à partager pour quatre. Cette évidence n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. D'une sourde plutôt, à savoir la société "City Living" qui, à Liège, a repris la gestion des chambres à prix disons sociaux de l'ancien home universitaire Ruhl, bienveillant témoin de nombre de leçons de biologie appliquée.
Sauf que, évidemment, les prix ont augmenté. Le grenier n'est plus in. L'étudiant demande du luxe. Ça se paie. Entre 400 et 600 euros par mois. Pour les lecteurs français, c'est une aubaine. Pour les Liégeois, c'est carrément du vol.
On ne sait pas si, à ce prix-là, une dame ressemblant à maman viendra sucer les étudiants après les avoir bordés. Mais on peut l'imaginer.
07 juin 2008
Guiness book
Il n'est jamais trop tard.
J'ai enfin reçu le premier relevé des ventes de mon "roman" paru en janvier 2007.
Je comprends qu'il aie fallu autant de temps pour recenser les... 153 (cent cinquante-trois) exemplaires vendus en librairie + les onze services de presse.
Me voilà donc plus riche de 70,34 euros.
Enfin, les 153 acheteurs pourront toujours revendre leur exemplaire comme extrême rareté sur eBay.
15 mai 2008
Il pleut
Petit orage d'après-midi à Liège.
Dans la rue...
Dans le jardin aussi...
Je vous dis pas l'état de la cuisine...
14 mai 2008
Je suis donc un nazi
Il y a trois semaines, j'ai donc été exclu d'un forum du Soir pour propos incitant à la haine raciale (!!!) (voir le post du 23 avril).
J'avais simplement réagi aux réactions clairement racistes et haineuses de lecteurs trouvant normal que les gendarmes français accompagnant et expulsant les sans papiers vers leur pays d'origine bénéficient de "miles" gratuits sur des compagnies aériennes.
Oui, ces gendarmes français font exactement le même travail que leurs collègues allemands en 40. Je ne vois aucune différence. Il y a aussi, en France contemporaine, une exigence de chiffre. 25.000 cette année, 50 l'an prochain, plus encore après. Oui, ces fonctionnaires français ne font qu'obéir aux ordres. Comme leurs collègues français de Vichy. Mais ce n'était pas la vraie France. Oui, ces fonctionnaires français savent qu'ils reconduisent ces "illégaux" vers la mort.
Oui, je suis étonnamment étonné de voir que cette situation ne provoque guère de réaction. Ni en France. Ni ici d'ailleurs.
Mercredi dernier, j'ai reçu un mail étonnant d'un ami de vingt-cinq ans. Un mail très bref dans lequel il me dit que je n'ai pas compris la différence. Un mail dans lequel il me traite de nazi et que, par conséquent, il me prie de cesser toute relation avec lui.
Je suis tombé des nues.
Bon, je tente de réagir. Je me dis que si l'on rompt de manière aussi unilatérale et sans possibilité de discussion, une amitié aussi longue, c'est que cette amitié n'était même pas superficielle.
Et que, finalement, cette façon de ne même pas vouloir discuter a quelque chose d'adolphien. Vraiment.
09 avril 2008
La petite dernière
Samedi soir, je fais les dernières courses avec l'Hirondelle. Comme elle a jugé elle-même qu'elle avait été "super gentille dizurdiz", elle a eu droit à un cadeau. Elle est fière comme Artaban avec son épée magique et son bouclier qui la protège des dragons. On fait la file aux caisses. Derrière nous, il y a une jeune dame. Je la connais de vue depuis au moins vingt ans. Elle doit en avoir au mitan de la trentaine aujourd'hui, je ne sais pas. Je la croise une ou deux fois par mois sans jamais lui parler, me demandant si elle est d'origine grecque ou berbère. Longue chevelure traînant jusqu'au haut de ses fesses et regard très lointain qui semble ne jamais rien voir.
Puis, tout à coup, sa voix !
- Monsieur ? C'est votre fille ?
- Oui.
- Ah ! C'est la petite dernière, alors ?
- Non, c'est la grande première.
Je n'ai pas envie de lui dire que c'est la grande dernière non plus. Je n'ai, à vrai dire, aucune envie de parler.
- Elle est vraiment très belle.
- Merci.
- Elle a des yeux merveilleux ! Vous avez remarqué qu'elle a vraiment vos yeux ?
Bon, quand est-ce que le vieux monsieur devant va cesser de rouscailler pour une erreur de dix centimes ?
- Vous savez... les enfants, ils comprennent tout. Moi, je n'ai pas d'enfant, mais j'ai une petite soeur de neuf ans... L'autre jour, j'étais mal, je regardais par la fenêtre, elle est venue me trouver...
Bon, il semble que le vieux monsieur a obtenu ses dix centimes.
La jeune dame me passe sa main dans les cheveux...
- Elle est venue me trouver en passant sa main dans mes cheveux et en me disant "te tracasse pas, ça va passer"...
L'Hirondelle, qui sait qu'elle est la star des caissières, dépose les courses sur le tapis. Si elle dit "bonjour Madame", ça va pas rater, la caissière va bien trouver une "chique" ou quelqu'autre babiole à lui donner. Mais là, non, elle regarde la jeune dame...
- Lui, c'est mon papa. Je m'appelle Elise, il s'appelle Joseph.
La jeune dame sourit. Ah bon, on saura tout. Elise a sans doute mes yeux très bleus, mais quand elle regarde en coin, comme ça, elle peut les avoir très noirs. Un peu, beaucoup, comme le vieux sot.
La jeune dame nous dit son nom. On paye. On dit au revoir. On s'en va.
On descend la rue. À peine dix mètres.
- Papa ?
- Oui
- Tu la connais ?
- Qui ?
- Aminda ?
- Non.
- Tu sais quoi ?
- Non.
- Ben je crois qu'elle est amoureuse de toi.
On descend la rue. Bien sûr, premier à la maison, c'est toujours Elise qui gagne...
31 mars 2008
La Pub irrespectueuse
Sur le site du Monde, un article nous apprend le suicide d'une salariée du groupe Peugeot Citroën mise en "congé de reclassement". Formule pudique qui signifie que vous êtes viré, mais pas tout de suite, avec des gants en soie, parce que, voyez-vous, à 41 a,s, votre salaire commence toute de même à peser, patati, patata.
Sur la même page, un clip publicitaire Citroën avec, comme slogan (je n'invente rien):
Pourquoi dépenser de l'énergie à l'arrêt ?
Une question que la dame ne se posera plus.
24 mars 2008
Joyeux Noël
20 février 2008
Vamp
J'en étais, tout à l'heure, à mon avant-dernière séance de kinésithérapie. Un métier qui, soit dit entre vertèbres, doit être bien ennuyant, comme tous les métiers, du reste. Histoire de ne pas voir la demi-heure passer, la dame qui me soigne parle de tout, de rien. Elle me parle de son fils et moi de ma fille. Elle me dit qu'elle aime bien le carnaval, je réponds pas et qu'elle adore se déguiser. Par exemple, me dit-elle, peu avant son mariage, elle s'était déguisée en vamp.
Comme la dame est plutôt du genre sur laquelle on se retournerait deux fois plutôt qu'une si on la croisait dans une grande surface, je me surprends à lui dire :
- Vous n'avez pas du faire un grand effort.
Elle cesse son massage, l'air vexée et fait mine de me gifler.
(Vexée, elle cesse son massage...)
Il me faut quelques secondes avant de comprendre que ce n'est pas en Rita Hayworth qu'elle s'était déguisée mais en une de ces créatures assez idiotes qui eurent leur seconde de gloire à la télé voici quelques années.
Ce que c'est de ne pas avoir la télé.
Bon, maintenant, promis, juré, c'est bien la dernière fois que j'ose un compliment aux bipèdes de l'autre sexe.
17 février 2008
Pervers cocktail
Peu après le couronnement de nicolas premier, Serge Hefez, psy français spécialiste de la thérapie familiale, avait décrit le tsaron comme un "pervers narcissique". Je suis d'accord avec lui. Aujourd'hui, il regrette ces propos, considérant être allé un peu loin. Je ne suis plus d'accord avec lui. Mais ce n'est pas bien grave.
Le pervers narcissique est, sous des allures parfaitement innocentes, un malade profond et dangereux. Si Dante en avait connu un, il aurait ajouté plusieurs cercles à son enfer. Le problème du pervers narcissique est qu'il voue une haine incommensurable à l'amour, au bonheur. En même temps, tel un prédateur avide, il recherche aussi bien l'un que l'autre. Et s'il le recherche, c'est uniquement dans le but de l'anéantir une fois qu'il l'aura capturé dans une toile machiavéliquement tissée. Son mécanisme de destruction ne connait pas de limites. Son inventivité est sans bornes. Il fera toujours le contraire de ce que la raison recommande. Il est le seul individu à n'être pas fou sur terre. Offrez-lui un cactus en lui disant de ne lui donner qu'une goutte d'eau et il l'arrosera abondamment nuit et jour...
Mon père disait toujours qu'il ne servait à rien de prolonger les nuits. Que les idées d'après-minuit n'avaient jamais de sens. J'ai eu besoin de beaucoup d'années pour me rendre compte qu'il avait raison et qu'il était plus sage de se coucher avec le soleil. Mais la raison n'est pas toujours amusante. Alors, l'alcool aidant, on peut souvent en arriver à des idées délirantes qui ne font rire que soi.
Tenez, j'en prends une comme ça, pas vraiment au hasard. Et si, pour faire comprendre aux enfants le drame de la shoah, on leur disait de se mettre à la place d'un enfant juif de leur âge mort dans un camp. Ouais. Ça, c'est giga, comme idée, on pourrait peut-être même aussi lui dire de jouer le jeu à fond et de porter le nom du gosse défunt pour entretenir sa mémoire. Ah putainfeuk, mais où tu vas les chercher, toutes ces méga idées, nini? T'as gagné un concours sur NRJ ou quoi ?
Sta moi ktu parles sus ton, mek ? Et pis, tu t'es levé pour me parler ?
On espère qu'après, le phosphore s'est éteint parce que, vous savez, les mômes, ça a l'imagination large. On imagine bien la cour de récré après le cours d'Histoire. Et moi, m'sieur, pourquoi je pourrais pas tenir le rôle d'un capo ? Oui, m'sieur, et moi, un collabo, et moi celui qui dénonce le fils de ma voisine. Je mets pas dix minutes pour qu'il y ait un gosse qui veuille faire son Hitler.
Le problème, c'est que cette idée là n'est pas née après minuit dans
des effluves de gros rouge, mais autour d'un verre d'eau plate dans un
palais.
Du coup, face à une telle connerie (ceci dit sans vouloir insulter la connerie), grosse levée de boucliers. On crie au fou ! À juste titre. Et, face à ce grondement, que fait l'éclairé philosophe ? Il persiste, il signe, il enfonce le clou plus loin encore et déclare que son idée est tellement bonne qu'il convient de l'appliquer le plus rapidement possible.
Peut-être aurait-il mieux valu rester silencieux. Le pervers narcissique aurait alors trouvé son idée très mauvaise...
10 février 2008
Comme un vol d'oies sauvages
C'est une publicité qui fiente sur nos murs depuis quelques jours.
Une banque nous invite à changer. Et, pour cela, nous exhibe un vol d'oies sauvages en route vers des herbes plus vertes qu'en nos prés pollués. Mais voici qu'une de ces oies, plus libre (?) que son air décide d'abandonner le vol bien planifié de ces lemmings ailés. Une oie sans doute bourrée de personnalité et qui n'a que faire de ces voies tracées à l'avance.
Faites donc comme elle. Ne suivez pas le troupeau et, sous-entendu, enrichissez-vous à tire d'aile sans vous soucier de vos semblables.
Qu'adviendrait-il, dans le réel, d'une oie qui quitterait ainsi ce vol majestueux ? Rien de bien grave. Au bout d'une heure ou deux, d'un jour tout au plus, elle crèverait certainement.
Eh bien, crevez, si vous faites comme elle.



