24 décembre 2009
Voeux
Mon ordinateur ayant rendu le disque dur voici près d'un mois, je dispose en ce moment d'un modèle plus ancien. Résultat des courses, entre autres, j'ai perdu toutes les adresses électroniques de mes correspondants. J'en ai retrouvé quelques unes, mais pas toutes encore. Les personnes désireuses de se retrouver dans mon carnet d'adresse peuvent me recontacter par le biais du blog.
17 novembre 2009
De la Préhistoire
Dimanche, Elise me demande si je veux bien jouer avec elle à l'école. Mais, précise-t-elle, pas l'école de maintenant, hein, celle de dans le temps, quand tu devais dire Monsieur et vous à l'instituteur...
Enfin, comme ça, elle apprendra toujours la deuxième personne du pluriel...
C'est quand même plus classe de dire "Votre mère", non ?
04 novembre 2009
Âges
On naît. On attend un siècle avant de fêter ses vingt ans. Et, une saison plus tard, on est déjà plongé dans la cinquantaine. Avec pour seul souhait celui de ne pas vivre aussi longtemps que Levi-Strauss...
J'ai cueilli ces brins de bruyère...
Depuis qu'elle est née, je n'avais jamais eu l'occasion d'aller à la Toussaint jusqu'au cimetière de Rhees avec ma fille. C'est là que sont enterrés mes parents. Un vieux cimetière sur les hauteurs de Herstal. Lorsque j'étais enfant, la Toussaint était un prétexte au rassemblement de famille. On allait nettoyer les tombes. On achetait un chrysanthème en espérant qu'il ne gèle pas. Mais il gelait toujours. Puis on se retrouvait dans une maison ou l'autre, à partager la "dorèye", la tarte au riz avec du café chaud. C'était l'occasion de faire un peu revivre les disparus. De raconter l'une ou l'autre anecdote...
Nous avons donc pris deux autobus, samedi, Elise et moi. Dans la grande allée qui conduit au cimetière, nous avons acheté une bruyère. Puis nous sommes allés vers la tombe vieille de déjà presque quarante ans. Regarde, papa, c'est là, m'a dit Elise, qui avait reconnu la photo mais qui voulait aussi me montrer qu'elle savait lire... Ici repose Joseph Orban, 1901 - 1971... Puis, j'ai vu qu'elle donnait un baiser à ses doigts avant d'aller les poser sur la photo... Enfin, j'ai vu, dans un peu de brume. Sur le chemin du retour, la gamine m'a dit " Tu sais, papa, je sais bien que grand-père était aveugle, mais je crois qu'il m'a vue... Et grand-mère aussi... Pourquoi tu ne dis rien ? Mais non, il ne fait pas froid, il fait délicieux "...
Elise est la seule petite-enfant de mon père. Du moins officiellement... Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais content de m'être retrouvé avec elle devant l'humble tombe. "On reviendra, l'an prochain, papa "? On reviendra...
Herstal, cimetière de Rhèes, 31 octobre 2009.
J'ai cueilli ces brins de bruyère... L'automne est morte souviens-t-en...
Ensuite, faute de dorèye, nous sommes allés manger des croustillons.
24 octobre 2009
Bilinguisme de sourds
Liège, gare des Guillemins, vendredi 23 octobre 2009. Histoire authentique.
C'est une jeune étudiante flamande qui vient de débarquer de la nouvelle gare Calatrava. Elle demande aux gens "centrum" ? On lui répond "ligne 4". Elle se rend au guichet des TEC et rassemble son peu de français.
- Dage meneer, een tickert vers vier...
- 3,90 euros, répond l'employé.
Elle avait préparé 1,30, le prix du ticket. Elle montre du doigt le bus 4 qui arrive.
- Nee, nee, répond l'employé, pour Verviers, c'est la ligne 38 de l'autre côté...
Ça m'a fait rire.
05 octobre 2009
Adieu, monsieur le professeur
Un de mes amis, peintre, est professeur de "couleurs" à la cacadémie des Beaux-Arts de Liège. Ce qui est assez paradoxal quand on sait que cet ami est daltonien, mais bon, passons. Il me racontait qu'en juin dernier, alors qu'il avait une heure de pause, il s'était assis sur une marche du grand escalier de la dite académie pour faire quelques croquis... Survient alors une de ses élèves (qui n'avait strictement rien à faire là à ce moment) qui lui dit :
- Dégage connard, tu m'empêches de passer...
Je ne sais pas pourquoi mon ami a téléphoné au père de la gente demoiselle le soir. Ah si, pour lui exposer les faits. Après quoi, le père lui a répondu :
- Et vous vous plaignez parce qu'elle vous a traité une fois de connard, monsieur ? Moi, ça fait quinze ans qu'elle m'appelle ainsi...
Dont acte.
Un autre de mes amis est, depuix dix-huit ans, professeur de français (entre autres) dans une école technique de la banlieue liégeoise. S'il n'y avait son amour du métier, je me demande depuis de longues années comment il tient le coup. Ses élèves ont 18 ans, la plupart ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. Malgré tout, il arrive à de bons résultats. La semaine dernière, une de ses élèves, d'habitude joyeuse et ouverte, se retrouve en pleine crise de larmes au milieu du cours. Il tente en vain de savoir ce qui se passe et lui conseille d'aller faire un tour dehors pour se calmer. Aussitôt la fille sortie, voilà qu'une autre élève, qu'il connaît à peine vu ses nombreuses absences, l'interpelle en le traitant de prof de merde, d'enculé qui se mêle de ce qui lui regarde pas et autres joyeusetés du style. Convoquée chez le directeur, la gente demoiselle est exclue pour trois jours avec l'interdiction de fréquenter les cours de mon ami pendant deux semaines.
Furieuse, elle rentre rechercher ses affaires en classe qu'elle quitte en prévenant mon ami :
- Et toi, dis-toi bien que mes frères vont venir te casser la gueule !
Charmant métier...
Repères (et fils)
Dimanche. Très sérieuse, Elise me dit :
- Tu sais, papa, tu m'avais dit qu'il fallait toujours un papa pour faire un enfant, eh bien, ce n'est pas vrai !
- ???
- Non, il n'en faut pas. Tu vois la petite Unetelle dans mon école ? Eh bien sa marraine a épousé une femme et elle a eu un enfant.
- Oui, ben, ça n'empêche pas qu'il faut quand même, de près ou de loin, un papa...
- Ça m'inquiète, dit-elle, mais j'ai bien réfléchi à la question, à mon avis, elle a dû épouser une femme avec un zizi...
Heureusement, la vie ne me laissera certainement pas le temps d'être grand-père car là, je me vois mal aborder le sujet des vaches ou des truies porteuses...
24 septembre 2009
L'intelligence de l'araignée 2
Lorsque je vivais au Mexique, j'eus un jour l'attention attirée par une minuscule araignée semblable à un de ces bijoux très fin que portaient nos aïeules sur leur opulente poitrine. Elle se promenait calmement sur la table de la salle à manger. Mais elle n'était pas seule. Je fouillai dans la maison. Elles étaient dix, vingt, et plus encore. Partout. Dans la cuisine. Dans le salon. Dans la chambre à coucher...
Un peu inquiet quand même, je suis allé chercher un jeune vétérinaire qui habitait à deux ou trois cents mètres de la maison et lui ai demandé de venir.
C'est quoi, cette araignée ?
La "viuda negra" me dit-il en éclatant de rire... Il m'expliqua alors très calmement qu'il n'était pas nécessaire de les détruire. La veuve noire n'attaque pas directement. Quand elle a envie de piquer mortellement sa proie, elle nettoie l'endroit à l'aide de ses pattes. Un peu, me dit-il, comme un chirurgien fait un champ stérile avant d'ouvrir le corps. Mais ses pattes sont si dures que, même si tu dormais, tu serais vite éveillé par le grattement... Ici, à Guadalajara, tout le monde ou presque a des veuves noires chez soi. C'est la ville où il y en a le plus au monde...
C'était toujours bon à savoir...
Et c'est comme ça qu'au lieu de les exterminer, je les ai laissé vivre sereinement auprès de moi...
L'intelligence de l'araignée
Lorsque j'étais enfant, dans le village du Condroz où j'ai grandi, l'arrivée de l'automne était pour moi un grand chagrin. Par centaines, je voyais se rassembler mes amies hirondelles sur les fils électriques. J'écoutais leurs derniers chants. Mes parents avaient beau me dire qu'elles reviendraient au printemps, j'étais toujours persuadé qu'il n'y aurait plus jamais de printemps, qu'il était bien trop loin et que je serais mort avant.
Cela fait des lustres qu'à Liège on ne voit plus d'hirondelles. Quelques martinets criards parfois en plein été. Mais leur grâce n'a rien de comparable à celle des arondes. Pour pressentir l'automne, il ne sert plus à rien de lever les yeux vers le ciel. Il faut plutôt les coucher vers le sol. Ce week-end, comme je le fais bien souvent, je regardais les épeires avec ma fille. Infatigables araignées qui se fichent bien de toujours recommencer leurs toiles calatravesques. J'ai demandé à Elise si elle ne remarquait rien. Si. Tu as vu comme les toiles sont grandes ?
Ce matin, j'en ai vu une qui mesurait plus de cinquante centimètres. C'est à la grandeur des toiles que l'on sait que l'automne arrive. Les épeires savent qu'avec le froid les insectes se font plus rares. Alors, elle augmentent la surface de leur piège. Jusqu'à attraper le moindre moucheron. Elles se gavent. Elles deviennent dodues. Elles vont bientôt se retirer pour dormir longuement on ne sait où. Je n'ai encore jamais vérifié, mais peut-être que la surface de leur oeuvre est proportionnelle à la dureté de l'automne et à celle de l'hiver... Je ne sais pas...
21 septembre 2009
À part ça, l'automne...
Il y a six mois, j'écrivais qu'en regardant les premiers bourgeons, j'y voyais déjà les rousseurs des feuilles... Certains m'avaient encore reproché mon pessimisme jaloux...
Et, pourtant ! Qui c'est qui avait raison ? Qui ?



