24 septembre 2008
D'un château l'autre
Corroy (le Château) est un petit village de la banlieue de Gembloux qui est dans la banlieue de Namur et donc, forcément, dans celle de Luik aussi.
Si Corroy s'appelle Corroy-le-Château, c'est, vous vous en doutez, parce qu'il y a un château.
La demeuren'est pas à proprement à déféquer dessus. Pour autant, bien entendu, qu'on aime les châteaux. Elle vient d'être mise aux enchères. L'Association Royales des demeures et jardins historiques de Belgique a déposé 3.250.000 euros pour l'acquérir. Las. Trois fois las et même autant de fois hélas. Wim Delvoye a mis 50.000 euros de plus. Le voici donc aujourd'hui propriétaire.
Wim Delvoye est une artiste belge et révolutionnaire. Pas n'importe lequel. Illustre descendant de Brueghel, il aime confronter l'humanité dans ce qu'elle a de plus vil et de plus glorieux. Le tout, bien entendu, soutenu par un discours philosophique destiné aux inquiets soucieux de rater le bon wagon de l'avant-garde la plus avant-gardiste. Pensez donc, même Michel Onfray s'est fendu d'un discours pour encenser l'oxymoresque démarche du génial plasticien.
Bon, si Michel Onfray le dit, on va quand même pas passer pour le dernier des crétins en disant qu'on n'aime pas trop.
Wim Delvoye fait donc réaliser de luxueux pavés de céramique ornés d'impressions de tranches de jambon ou d'étrons. D'irreligieux vitraux représentant des intestins ou des scènes fellatrices ou sodomites au rayons X (remarquez la subtilité de la redondance, des Rayons-X X). Non, non, je ne vous prends pas pour des imbéciles, j'avoue n'avoir pas compris à la première lecture. Wim Delvoye tatoue aussi des cochons vivants qu'il élève en Chine. Il tatoue aussi un de ses amis, mais c'est plus cher. Il a aussi fait construire une machine à faire du caca. C'est assez intéressant à voir car l'ooeuvre n'est pas gratuite, contrairement à ce que l'on pourrait croire (je ne parle pas de son prix, mais de sa conception). On injecte bien diverses choses dans la gueule de la machine. La machine se met en marche et puis, au bout du compte, on a du caca sur le parquet de la galerie devant une foule d'emplumés qui tremblent du croupion.
Il est évident qu'après tant de recherches et autant de trouvailles, Wim se sente quelque peu fatigué. Il se contente alors de signer des dessins d'enfant que l'on expose avec tambours et trompettes devant une foule d'emplumés tout aussi tremblants du croupion et fiers d'avoir vu le rapport évident avec le stade anal de l'enfance sans que celui-ci soit mentionné. Ce qui représente tout de même l'ananas sur le baba au rhum. Dans l'oxymoron, tout doit être dans la suggestion et clin d'oeil aux nobles initiés.
Que se taisent donc les aigris qui prétendent que l'art ne nourrit pas son homme (même si la nourriture doit finir comme elle doit finir) puisque voici un artiste dont le seul travail a permis qu'il s'achète un château.
On dit souvent que marcher dedans porte chance. L'empoigner à pleines mains plus encore.
Notons que... Trois millions et quelque d'euros, avec ça, tu peux juste t'acheter un sixième d'esclave jouant au football.
L'art a encore beaucoup de chemin à faire.
18 septembre 2008
Finissage
C'est la loi des séries, comme on dit.
En deux jours, je viens de recevoir des invitations (déjà que je n'y réponds jamais) pour des "finissages" d'exposition.
C'est top in depuis quelques mois, ce genre de cérémonie.
On ne sait pas si la plume dans le cul est obligatoire à l'entrée.
14 février 2008
Saint Valentin à Seattle
29 décembre 2007
Colonnes
Bubu n'est pas content. Il menace même de détruire ses célèbres colonnes si on ne les entretient pas dignement. Ceci au nom des dizaines de milliers de personnes qui vont à Paris pour voir son chef d'oeuvre.
Pas content, mais modeste quand même. Il n'a pas parlé des millions d'autres personnes qui passaient à côté d'elles sans les voir.
(Sans même parler des chiens errants)...
28 septembre 2007
Comme c'est intéressant
Gregor Schneider est artiste et allemand. En ce moment, il a installé sur la plage de Bondy Beach à Sidney 21 cages identiques construites en clôture australienne traditionnelle.
On ne sait pas s'il compte répéter l'installation à Guantanamo prochainement.
17 juin 2007
Quelques pensées profondes
Ça se passe à Venise. Puisqu'il paraît que c'est là que tout se passe. L'artiste déambule avec un petit lecteur de DVD fixé sur sa poitrine. On peut y voir des "films" dans lesquels l'artiste se met en scène.
L'artiste s'explique:
"Pour moi, l'important est de découvrir, de voir des gens. C'est une expérience qui permet de grandir en quelque sorte".
C'est toujours important, si l'on veut exprimer la profondeur de sa pensée, d'utiliser "en quelque sorte" ou "quelque part". C'est même quasi obligatoire dans la phraséologie contemporaine.
"En étant dans le off" (ouf! il n'est quand même pas l'invité officiel de la Biennale), "avec un travail léger qui pousse à déambuler sans jamais se fixer, cela permet aussi de rester toujours dans le mouvement".
Il me faut au moins trois jours pour traduire (je ne suis pas philosphe) que ça signifie, entre autres,"si je suis immobile je n'avance pas et si j'avance c'est que je ne suis pas immobile". Mais, ça fait un peu vulgaire comme traduction.
Voilà deux pensées, à la suite l'une de l'autre, d'une profondeur telle qu'il me faut longtemps pour reprendre mes esprits et mesurer mon immense imbécillité.
Le critique qui relate les premiers jours de la Biennale de Venise, ne prend pas position. Il ne fait que relater. Il est vrai qu'en ces temps d'art aisé, la critique est devenue difficile.
Il y a quelques mois, le même artiste réalisait une performance publique vêtu d'un masque SM. Il a fallu une trentaine d'années pour se rendre compte que c'étaient là les initiales de ses prenom et nom et que, donc (non cogito ergo sum) tout le monde était SM.
Je me demande si, partant du même principe, je ne vais pas déposer un projet deperformance artistique pour être officiellement invité aux cérémonies des prochains Jeux Olympiques.
Ce qu'il y a de bien avec l'art contemporain, c'est que, moins on a à dire, plus cela fait de bruit. C'est le principe des tonneaux vides...
Je sens que je vais encore me faire quelques amis...
14 juin 2007
Non, non, non
Ne vous trompez pas, vous êtes ici devant un centre commercial australien. Pas à Kassel...
À la dokukumenta de Kakassel, on rend plutôt hommage à une girafe tuée l'an dernier en Cisjordanie. C'est quand même plus profond comme con cept, plus radical comme réflexion métaphysique sur le monde tel qu'il va? Non?






