Voici venu le temps des migrations estivales. Une période que, même quand je faisais semblant de travailler, m'énervait. Je n'ai jamais aimé voyager. Même si je peux comprendre le besoin d'ailleurs pour un peu se changer les idées. Ce qu'il y a d'embêtant dans le voyage, c'est le retour. À quoi bon partir si c'est pour rentrer chez soi ? Je me le suis toujours demandé.

Je connais des gens, beaucoup, qui me disent : "oh, cette année, on "fait" le Portugal, ou l'Italie, la Croatie, n'importe quel pays"... En général, il leur suffit d'une quinzaine de jours pour revenir ethnologues et économistes spécialistes de la comparaison des prix. C'est aussi affligeant que, jadis, les projections de diapositives qu'ils infligeaient aux amis. Encore que maintenant, avec les appareils numériques, ce n'est plus cent photos qu'ils vous imposent mais au mille au bas mot. Déjà cent, c'était dur. Enfin, avec le progrès, y'a plus besoin de hisser l'écran de projection, ni d'éteindre les lumières. C'est déjà ça. Sans parler de l'ampoule du projecteur qui rendait l'âme quand on l'allumait. Moment qui me mettait toujours en joie que ma politesse m'empêchait de montrer. Or rien n'est plus terrible que de baillonner son bonheur.

https://www.youtube.com/watch?v=v3j-XhjJEjM

PS : comme chaque année, je profite du 21 juin pour vous rappeler que, dès demain, les jours deviennent plus courts et que l'on sent déjà les premiers relents de l'automne...