Je ne sais plus qui disait (je m'approche doucement des rivages de l'Alzheimer) que la poésie ne servait à rien. C'est pour cela qu'elle était utile.

Je suis parfaitement conscient qu'aucun livre n'a jamais changé la face du monde. Cela n'a jamais été mon but. Pour la bonne raison que je n'ai aucun but. À part écrire et me gratter le nez (pour rester poli) quand je ne trouve pas de mots, je ne sais rien faire d'autre. Je suis un jardinier sans récolte. Je sais que, dix ans après ma mort, personne ne se souviendra de moi. Je m'en fiche. Comme personne ne se souviendra du maçon Untel, du prof Telaautre, de la caissière Anonyme d'une grande surface. Etc, etc. C'est le destin de tous.

L'autre jour, sur ce blog, je parlais des mensonges étasuniens. J'aurais pu aussi parlé des mensonges russes. Dans mon enfance, j'ai été élevé dans le culte des USA. Bien sûr, je savais que la dynastie Kennedy avait plus que des liens avec les grands criminels. Mais je ne savais pas que les garants de la "Justice" américaines employaient des méthodes à faire pâlir les pires assassins. En secret, Kennedy a fait abattre sur le sol américain que de soldats au Viet-Nam (sans parler de multiples autres guerres plus silencieuses: on ne tuait pas de la même manière à à Santiago du Chili qu'à Saigon).

Bien entendu que Staline était une ordure. Kennedy aussi. Sauf que, à l'époque, on nous présentait son pays comme LE pays de référence, du tout possible, du bonheur absolu. Alors que tout était basé sur des images d'Epinal et le mensonge absolu.

À part travailler (???) quelque temps dans des bibliothèque, écrire sans être payé dans la presse et chier quelques petits livrets dont personne ne se souvient, je n'ai rien fait de ma vie. C'est là ma seule réussite et j'en suis plus que fier.

Tout le reste n'est que littérature...