... sont toujours sinueux. Bien souvent, on ne sait pas comment ni pourquoi on rencontre un auteur, ni pourquoi on s'y accroche ou on le rejette. Lire est un acte de mauvaise foi. 

J'étais, voici longtemps, à la librairie Tropismes de Bruxelles. LA librairie bcbg. L'endroit où être. La librairie où le même livre semble meilleur simplement parce que c'est là où on l'a acheté. À l'époque où il n'était pas encore roi, c'est là que Flupke faisait, incognito, ses achats. C'était toujours le branle-bas car, habile comme un hipo dans un magasin de faïence, il arrivait toujours à renverser des piles de livres, à perdre sa Visa sous les rayonnages ou autres maladresses du genre. Une vraie plaie selon le personnel essentiellement féminin, à part deux ou trois gars tendance arc-en-ciel.

J'y allais de temps à autre pour le seul motif que ma compagne d'alors y travaillait. Je n'y ai jamais croisé Flupke. Un jour, je suis entré pour demander un livre de Stephen King. Le rainbow guy m'a regardé en se demandant si je me foutais de sa gueule ou pas ? Tu lis cette merde ? me demanda-t-il. T'as déjà lu ? Non, c'est vraiment trop nul. 

Je me suis toujours demandé comment on pouvait juger un écrivain nul sans l'avoir lu ? Passons. Il se fait que je considère King comme un des grands écrivains américains contemporains. En tout cas, un excellent observateur de la société américaine. Lisez Sac d'os ou 22/11/63 et vous comprendrez pourquoi. On peut être un écrivain populaire et profond.