Sur ma carte d'identité (que je dois faire renouveller depuis près de deux ans, il est écrit, officiellement que je suis né à "Jadotville, act Likasi, ex Congo belge". Il est vrai que si l'on devait écrire les différents noms de ce pays depuis l'indépendance, je devrais me triballer avec un bottin.

Or, ce document est faux. Je ne suis pas né à Jadotville, mais dans un hameau de celle-ci. La maternité où j'ai eu la malchance de voir le jour se situait à Panda. Faudra que je fasse rectifier ça. Je signale néanmoins que lorsque j'ai posé le pied en Belgique, aucun premier ministre n'était présent sur le tarmac de l'aéroport.

À une lettre près, en Belgique nous avons eu le pasteur Pandy qui, durant plusieurs années, s'est amusé avec sa fille qui était aussi son amante, femmes et enfants. Pour ne laisser aucune trace de leurs crimes, ils allaient au supermarché du coin acheter tous les stocks de Destop afin de diluer les victimes. Je me suis toujours demandé comment le gérant n'avait jamais eu la puce à l'oreille. Mille bidons de Destop, pasteur ? Mais bien entendu.

À l'époque, j'avais fait l'expérience dans mon GB. J'avais appelé le gérant pour lui demander cent bouteilles du produit. Cent bouteilles ? Pour quoi faire ? Pour diluer ma femme qui commence à m'emmerder. Il avait ri tout en me disant : "oh, vous, vous n'avez aucune limite". N'empêche, il s'était quand même inquiété. 

Pandy a toujours nié avoir tué qui que ce soit. Vous n'avez aucune preuve matérielle disait-il à raison. Le soir, il allait déversé seau par seau ce qu'il ne restait plus des morts dans les égouts devant chez lui. Il est mort en décembre dernier. À 86 ans. 

On ne sait pas si on l'a dilué dans du Destop.