Allez, puisque je sais que tu ne me liras pas, je vais me permettre de t'appeler François et de te tutoyer. Ce qui est rare chez moi.

François, il y a une chose qui me fait rire. Enfin, façon de parler. C'est que les intellos ont commencé à te trouver du talent quand tu as publié les "Ritals". Comme si tu n'en avais pas déjà avant. Ces engoncés qui parlaient pour les chaises (et encore) découvraient soudainement qu'un provocateur pouvait quand même avoir du style et même un coeur !!! Comme si on pouvait être provocateur sans avoir ni coeur, ni style. Ni tendresse.

Tu vois, François, ces amidonnés de la certitude, quand ils ont découvert tes Ritals, ils m'emmerdaient profondément; Je trouvais qu'ils n'avaient pas le droit de te kidnapper. Ils m'emmerdaient et me faisaient rire en même temps. Comment un macaroni pouvait-il écrire sans faute ? Ça les faisait même rire que tu te fiches d'eux, ça n'avait pas d'importance, ils ne s'en rendaient même pas compte. Ils pensaient que tu riais de leurs amis qui étaient les mêmes qu'eux.

Mais tu avais le style. Un mot qu'ils ignorent vu que leur dictionnaire s'est arrêté à la lettre A comme argent, c'est pas la peine d'aller plus loin dans leur dictionnaire vide. Tu me diras qu'avant "argent", il y a le mot "amour". D'accord. Mais, lire le dictionnaire, c'est embêtant. Autant que lire Lévy ou l'autre cruche bruxelloise. 

François, tu avais une chose que ces tristes personnes n'auront jamais. Tu avais le style. Tu étais l'humoriste du désespoir qui n'avait pas besoin d'écrire, comme ceux d'aujourd'hui, les mots enculés, fuck, tamère, etc pour faire croire qu'ils sont drôles.

Non seulement tu faisais rire, tu faisais penser surtout. Je sais que tu t'en fiches, mais je suis triste ce soir...

Très.