Une visite impromptue m'a empêché, ce matin, de rendre plus hommage à Cavanna. Je le fais donc maintenant.

Cavanna, je l'ai "rencontré" lorsque j'avais quinze ans après avoir piqué un Hara-kiri qui se trouvait alors curieusement planqué dans la section porno des librairies. Attention, à l'époque, les revues pornos se limitaient à Lui et Playboy, revues superbement taguées d'un grand coup de marqueur noir qui empêchait de voir un endroit qui distinguait la femme de l'homme. On disait même que ce glorieux travail manuel était confié aux prisonniers de certains prisonniers belges. 

J'avais été tout de suite impressionné par le style de Cavanna. En préparant mon déménagement, j'ai retrouvé une pile de Charlie-Hebdo. J'ai pris deux jours à relire les chroniques de Cavanna. Elles dataient de près de trente ans et n'avaient pas pris une ride. C'est à cela qu'on reconnait les grands. À vingt ans, Marc Lévy ou Amélie n'étaient déjà que rides.

Sans Cavanna, je ne serais jamais devenu pendant trois ans, le semblant de critique que je fus. Je ne serais pas en train d'écrire ce blog. Je ne l'ai jamais copié, c'était impossible, mais il m'a permis d'avoir un autre regard que celui de l'oeil convenu. Oh ! Ça m'a valu pas mal d'ennuis. Mais enfin, monsieur Orban, on ne peut pas publier ce texte, heu, vous vous attaquez à un peintre connu, qui a le bras long, heu, vous comprenez... Je comprends, je n'attaque pas l'homme, mais sa peinture. Bon d'accord, vous ne publiez pas, je m'en vais...

Attendez, attendez, monsieur Orban, il y a quand même des gens qui achètent le journal grâce à vous... Heu... On peut discuter... Si on enlève cette phrase, ça va ? Non, on n'enlève pas une virgule... Tant qu'on est là à discuter, vous pourriez peut-être me payer les dix derniers moi que vous me devez...

Bon, ça, c'était peine perdue. Mais je m'en foutais, du moment que mon texte passait sans censure...