Les bandes dessinées, principalement, nous en habitués à imaginer le Mexicain comme génétiquement paresseux, endormi au bord des routes sous son sombrero. Triste caricature. Le Mexicain travaille 2250 heures pas an. Ce qui est plus que les Belges (1577). Il est vrai que, pour pouvoir survivre, beaucoup de Mexicains ont un deuxième emploi. Son salaire moyen est de 616 euros. En réalité, pour ceux qui sont en bas de l'échelle (et ils sont nettement majoritaires), comptons la moitié.

Ce qui explique pourquoi beaucoup de gosses travaillaient aussi qui en nettoyant les pares-brise, qui en vendant des "chicles" aux dangereux carrefours, tout ça pendant les heures de cours. Ne parlons pas des enfants mendiants plus nombreux encore. Ne parlons pas des flics et autres fonctionnaires qui arrondissaient leur fin de moi à coups de "mordidas". Quand je suis arrivé dans ce pays en tant que travailleur clandestin, je touchais 40.000 pesos à mois. Ce qui équivalait à 125 euros. À la fin, j'en touchais 500.000. Ce qui équivalait toujours à 125 euros. On comprend donc l'empire de la débrouille. Le mieux, c'était encore d'être douanier à l'aéroport. Là, il y avait moyen de gagner un an de salaire rien qu'en fermant les yeux sur la valise du Señor Narcotraficante. Grand ami du gouverneur de l'état, bien entendu. Qui s'appelait à l'époque Cosio que les habitants surnommaient Narcosio. C'était drôle. Il y avait, bien entendu, des règlements de compte. Je me souviens d'une fusillade, à cent mètres de chez moi qui avait fait sept morts. J'étais en train de préparer le repas. Ça avait fait du bruit dans le quartier. Et trois lignes dans le journal. Pays étrange où l'on finit par s'habituer à tout...

DOnc les Mexicains sont les gens qui travaillent le plus dans le monde. Six jours sur sept. S'ils sont malades, ils ne sont pas payés. Les vacances ? Quelles vacances ? Vous voulez rire ou quoi ?