Hier, Casper Nederland a reconnu que la crise était plus profonde que "prévu". Quelle découverte ! Ça fait quarante ans au moins qu'elle dure la crise. Quarante ans qu'on nous promet des relances qui n'arrivent jamais. Quarante ans qu'on blablate sur le chômage qui, progrès technologiques aidant, ne fera rien d'autre que croître indéfiniment.

Pour amorcer la "relance", dixit Casper, il faut encourager la consommation ! Ça, avec une phrase pareille, on fait redoubler directement un élève en sixième année d'enseignement spécial ! Quarante ans qu'on nous dit qu'on consomme trop et voilà qu'il faudrait consommer plus encore.

On me reproche souvent mon pessimisme, mes certitudes, alors que je suis très optimiste et que je ne fais qu'exprimer mes doutes. Plus profonds encore que la crise. 

Vous êtes jaloux de la réussite, tout le monde a droit d'avoir envie de quelque chose. Et quand il n'y aura plus rien ? Vous aurez envie de quoi ?

Tous les hommes naissent égaux qu'on nous disait. Ben alors, que tous les salaires soient égaux pour tout le monde. Celui de l'éboueur comme celui du chirurgien, de la femme d'ouvrage comme celui de la ministre Unetelle. Ça arrangerait déjà pas mal de problèmes. La Fontaine le signalait déjà: on a toujours besoin d'un plus petit que soi. Que ferait le chirurgien sans éboueur ? La ministre sans femme d'ouvrage.

Soyons lucides. Regardons nos intérieurs. Nous sommes entourés d'objets, de choses complètement inutiles. En 1900, l'orange était un fruit de grand luxe. Aujourd'hui, elle coûte moins chère qu'une pomme de nos vergers (pour autant qu'il en reste). Aujourd'hui, nous sommes entourés d'objets de luxe. Le luxe pour tout le monde, ça n'existera jamais.

Un toit, un peu de pain, quelques olives pour tous, ce serait quand même plus peinard, non ?

Non, je ne suis pas communiste...