Au Mexique, on dit d'une femme mariée qu'elle est "casada". Que l'on pourrait traduire par "enmaisonnée". Une femme enceinte, elle est "embarazada", ce qui se passe de traduction. Mes derniers messages sur le couple, ne m'ont pas valu que des louanges, c'est le moins que l'on puisse dire. La plus violente riposte m'est parvenue d'un vieil ami qui, in illo tempore, tenait sur le même sujet des propos bien plus hiroshimaesques que les miens et auprès desquels ma prétendue misogynie ressemblait à une chanson de Chantal Goya. C'est dire. 

Platon l'avait déjà compris quand il disait que le poète devait être mis hors de la cité. L'artiste n'est pas là pour écrire ce que le peuple (sans notion péjorative) a envie d'entendre. Il est là pour dire, justement, ce qu'il n'a pas envie d'entendre. Sinon, il n'est plus un artiste, mais un panurgien qu'on ne distingue plus du troupeau.

Un poète qui passe à la télévision est déjà castré bien avant l'hémistiche de son alexandrin, pour autant qu'il soit encore capable d'en écrire un seul.

L'amour n'est pas éternel. Sinon, ça ce saurait. J'ai longtemps cru qu'il existait des couples heureux, puis, mis devant le fait accompli (la surdité, la cécité du bonheur, le split enfin, le divorce, la vie finalement ratée, la douleur finalement)... Je me suis mis à douter de l'existence de l'amour plus encore de mon questionnement sur ce prétendu "dieu" qui n'existe pas.

Combien de femmes, merveilleusement épanouies dans leur couple rêvé (le top, c'était, un mari, une maison, un garçon, une fille, éventuellement un chat ou un chien, encore que ça pouvait poser problème au moment des vacances de juillet ou bien d'août) ne m'ont-elles pas avoué, vers la soixantaine que, finalement, Joseph, j'ai eu une vie de merle ? Je tiens à préciser que ces femmes plus que respectueuses ne m'ont jamais rien demandé en échange de ces douloureuses confidences. Juste une écoute. Avant de balancer des larmes trop longtemps retenues. Tu sais, Joseph que j'ai quand même reçu ma dose de claques certains soirs ? J'étais ébahi car cela me semblait inimaginable.

L'amour tel que nous essayons de l'entendre, n'est jamais qu'une invention très récente. Disons, à partir de l'amour courtois du Moyen-âge, pour prendre un repaire plus ou moins imprécis. Ce n'est pas par mour que Jules César a entubé Cléopatre qui baisait avec ses frères, c'est pour son cul qui aurait pu changer la face du monde bien plus que son nez.

L'amour maternel, lui, a à peine un siècle d'existence. Et on voudrait nous faire croire qu'il est instinctif ! 

Ceci dit, je veux bien croire qu'il existe des couples heureux. Je ne leur en veux pas.

Je ne les jalouse pas, je ne les plains pas non plus. 

Je dis simplement que, pour moi, l'Amour, c'est comme Dieu: ils n'existent pas.

Ce n'est quand même pas parce que je n'aime pas l'Humanité, que je ne crois ni en Dieu, ni en l'Amour que je suis une ordure. Si ?

La preuve ? J'ai beaucoup de tendresse pour les phacochères mâles...