C'est un clip qui cartonne en ce moment sur YT. On y voit Céline Dion répéter dans une salle de bains :

http://www.youtube.com/watch?v=HHEiQOi7kb0

Vous pensez bien que je m'en fiche complètement et vous doutez bien que je n'ai pas la collection complète de son oeuvre. C'est à peine si je savais qu'elle chantait. Mais ça m'a rappelé une anecdote vécue lorsque je faisais semblant de travailler à l'Alliance française de Guadalajara au Mexique. 

Le directeur de l'époque, un homme assez charmant d'ailleurs, avait débarqué avec sa jeune femme, une Sud-Africaine, blanche, of course, qui avait rapidement fait l'unanimité contre elle tant elle se montrait hautaine et méprisante envers ces Mexicains qui étaient encore pires  que les blacks de son coin. Il est vrai que, dès son arrivée, afin de montrer qu'elle était proche du peuple, elle n'avait rien trouvé de mieux que de se rendre dans le plus grand marché de la ville avec quelques bijoux en or aux poignets et au cou. Inutile de dire qu'elle été revenue un peu plus légère du marché.

Outre ses innombrables qualités, cette dame faisait aussi dans le théâtre. Elle avait d'ailleurs écrit une pièce sur la vie d'Edith Piaf que son honorable mari s'était empressé de monter dans le petit théâtre de l'AF. Une semaine de répétition insupportable que j'ai dû me farcir. Le rôle d'Edith était tenue par une chanteuse aussi canadienne que Céline Dion. Je ne me souviens plus du nom de cette chanteuse. Une non-star avec des caprices de diva. Se permettant de giffler ses connards de musiciens mexicains en plein milieu d'une chanson. Et autres amabilités. Les textes de la pièce, écrits par l'autre diva de Jo'bourg, étaient nuls. Bon, d'accord, quand le directeur, après deux jours de répétitions, m'avait demandé ce que je pensais de la pièce de sa femme, je n'aurais sans doute pas dû lui répondre que c'était de la merde. Mais bon. Cette infinie enfilade de clichés du style "je suis née sous la lumière glauque d'un réverbère", fallait pas espérer que ça allait me faire bander. Ni que j'allais cirer les pompes du directeur.

Bref, vous aurez deviné que je n'aimais ni sa femme, ni la Castafiore canadienne. Notez que, cette dernière, avait quand même un certain talent de mimétisme, poussant son professionnalisme jusqu'à incarner le côté un peu nympho d'Edith. Un soir, après une répétition (qui se finissait, en général, aux environs de minuit), elle s'était jetée sur moi en me disant qu'elle m'attendait à l'hôtel, chambre Unetelle et qu'elle avait envie de me baiser. Ça se passait en 1988, peut-être que le luxueux hôtel n'existe plus, une chose est certaine, c'est qu'elle m'attend toujours.

Unsoir, toujours pendant les répétitions, voici qu'il prend à la diva l'envie de faire pipi. Ce qui était bien son droit. Pour les étudiants, c'était l'heure de la petite pause entre deux cours. Ils étaient donc, une petite centaine (on devait dire 500 pour cause de subsides divers) à prendre un café sur la petite place intérieure de l'endroit. Notre diva se rend donc aux toilettes, relève jupe et baisse culotte. L'ennui, pour elle, c'est qu'elle avait oublié de débrancher son micro portable. De sorte que, pendant de longues secondes, on aurait pu croire que l'on se trouvait non loin des chutes du Niagara. Eclat de rire général.

Et ovation des étudiants à sa sortie. Elle doit toujours se demander pourquoi ? Car, le soir du spectacle, les applaudissements furent bien moins nombreux...