Aujourd'hui, c'était encore ce que j'appelle une journée perdue. Le matin, journée perdue au Logis social de Luik où je suis allé porter les pièces manquantes de mon dossier. Je suis tombé sur un autre employé qui n'appartenait pas à l'escadrille du caporal Connard. Quoi ? On a exigé l'enveloppe du recommandé ? M'anfin, Monsieur, personne ne garde les enveloppes. Et une preuve de vos revenus annuels et pas mensuels ? Décidément. Il a tout accepté et m'a dit que je recevrai mon numéro de dossier dans les trente jours. Déjà une épine hors du pied.

À peine eu le temps de manger que je devais recevoir mon aide familliale. Déjà que recevoir une femme chez moi, c'est moins fréquent que l'envoi d'une sonde sur Mars, vous pensez bien qu'en recevoir une toutes les semaines, ça m'emmerde au plus haut point.Pourtant, elles sont sympas. J'en ai déjà eu trois différentes. Au point que les voisins vont finir par me soupçonner de trafiquer les Africaines. Car elles sont toutes Africaines. 

Bon. Tasse de café. Vous allez bien, monsieur ? Blabla qui ne mange pas de pain. Puis, le ci-devant enfoiré demande à la dame : " et Victoire ? Elle est revenue de vacances" ? Quoi, me dit-elle, mais, Victoire, c'est moi. J'ai pas eu l'air con. Ah, oui, c'est vrai, dit-elle, j'ai défrisé mes cheveux. a change quand meme le visage, non ? De fait. J'ai tenté maladroitement de me rattraper aux branches en lui disant "et vous ? Vous m'auriez reconnu dans la rue si je m'étais teint les cheveux en blond" ? Puis j'ai laissé tomber car elle rigolait trop.