J'ai encore reçu quelques témoignages au sujet de l'enterrement du Musée d'art moderne et contemporain de Lîdje. Le plus récurrent était que le vin y était d'autant plus mauvais qu'il était payant. Je ne me suis pas rendu à la fête parce que je ne comprends pas qu'on puisse organiser une fête pour la fermeture d'un musée. Même s'il s'agissait du musée du point de croix. C'est un peu comme si on faisait la nouba au Caire pour fêter la destruction des pyramides.

J'admets que l'état de délabrement du bâtiment était désastreux. La grande verrière 1900 fuyait de toutes parts, laissant passer la pluie sur les murs (et donc sur les tableaux), ce qui salissait encore plus les cimaises déjà remplies de traces noires de mains car les ouvriers du Mamac ne portaient jamais de gants quand ils accrochaient des toiles. Encore une dizaine d'années et le Mamac aurait ressemblé au château de Bouillon. Comme c'est déjà le cas pour la grande bibliotèque des Chiroux qui finira bien par s'effondrer d'elle-même tel un atelier de confection au Bengla Desh. Fera-ton une fête aussi ce jour-là ? Après tout,les livres, à quoi ça sert encore de nos jours sinon à allumer les barbecues dès les premiers soleils. 

Il y a un grand paradoxe dans tous ces lieux culturels. Finalement, n'ont-ils pas été créés pour permettre aux incultes d'avoir accès à la "culture"? Les gens cultivés étant déjà au courant. Le problème, c'est que la "culture", les incultes n'en ont strictement rien à foutre...