J'ai reçu plusieurs mails me demandant pourquoi je n'étais pas présent à l'enterrement du musée d'art moderne de Luik ce samedi? Parce que je ne trouve qu'on ne doit pas, qu'on ne doit jamais fermer une musée. Qu'il soit d'art moderne ou non.

J'ai aussi reçu d'autres mails qui me félicitaient d'nêtre pas venu à cette cerémonie, je cite, chiante comme tout, où le moindre verre de mauvais vin était payant.

Cet après-midi, j'ai même croisé dans mon GB, la conservatrice du dit musée. Pourquoi n'es-tu pas venu, Joseph ? Parce que j'en avais rien à foutre. Elle a ri. Tu ne changeras jamais. Je l'ai regardée poursuivre ses courses. Trouvant que ses collants roses à pois mauves étant d'autant plus laids qu'ils arboraient de longues filantes à chaque jambe. Je n'ai rien contre Françoise. Je préfère sa soeur. Elle ne porte jamais de collants filés.

Je n'ai pas été étonné d'apprendre que plusieurs personnalités, tatouées socialistes avaient rendu un hommage appuyé à Françoise pour son travail accompli alors que, pendant plus de trente ans, ils m'avaient soutenu qu'elle était nulle et conne. J'en sais rien, je n'ai jamais travaillé avec Françoise.

Je sais que sa soeur me lit et qu'elle va rire. Pauvre Dominique, elle lui ressemble très fort et elle s'est faite insultée à moultes reprises parce que des gens croyaient qu'elle était Françoise. Dominique, tu sais bien que je t'aime.

Restons dans la nécrologie. J'apprends que Christian de Duve, le dernier prix Nobel belge, a demandé aux médecins d'abréger sa vie à l'âge de 95 ans. Quelques jours auparavant, il avait accrodé une ultime interview à une journal belge. Lorsque je disparaîrai, je disparaîtrai, il ne restera rien. Je trouve cette phrase admirable. 

Je trouve même que l'euthanasie ne devrait pas être un choix. Elle devrait être obligatoire à l'âge de quarante ans. 

Une amie m'envoie un mail dans lequel elle me dit, elle a 55 ans, qu'elle vient de faire une nouvelle déclaration d'amour. J'ai avalé mon café de travers. Je lui ai répondu : "tu veux dire, une déclaration de guerre ? Comme si tu ne savais pas que l'amour n'existait pas, qu'il n'y avait, entre un homme et une femme, que la guerre qui était possible" ?

Elle m'a répondu dans la foulée que je ne changerais jamais. Mais, Joseph, à mon âge, je pensais que ça ne m'arriverait plus jamais... Tu trouves que je suis conne ?

J'ai répondu dans la foulée que, non, qu'elle était pire encore.

Elle m'a répondu que j'avais peut-être raison, que je ne me trompais jamais. Et, surtout, Joseph, ne me dis pas que la dernière fois que tu as eu tort, c'est le jour où tu es sorti du ventre de ta mère. Elle avait même ajouté un smiley.

Comme je sais qu'elle lit mon blog, je la remercie de m'avoir épargné l'envoi d'un mail. Comme si on pouvait encore tomber amoureux ou amoureuse après vingt ans !!! 

Loulou, je t'aime bien, nous n'avons jamais fait l'amour, nous ne le ferons jamais, ne m'oblige pas de te traiter de conne. Nous avons passé l'âge de faire la guerre. Tu l'entends, Loulou, le souffle du tombeau qui siffle sur nos têtes ?

Joseph... Non, je ne lirai pas ton prochain mail. Je t'aime trop bien pour ça.