Aujourd'hui, par la faute de l'internet, la presse tire plus vite que son ombre. Prenons l'attentat de Boston. Les casseroles avaient à peine explosé que le monde entier était au courant. Paradoxe, c'est moi qui ai tout de suite demandé à ma soeur (elle habite dans la région) si elle n'avait pas de connaissances participant au marathon ? Elle n'était pas au courant ! 

Les diverses forces de contrôle du pays ont aussitôt fait appel aux divers réseaux sociaux pour récolter d'éventuels témoignages. En moins d'une heure, elles en ont reçus des centaines de milliers. Venant de Boston jusqu'à San Francisco et peut-être d'Alaska. Quelques heures de plus et ce sont des millions d'Américains qui se sont improvisés enquêteurs de haute lignée. Et de grande dangerosité aussi. 

Puis, autre fléau : les médias. C'était à qui dévoilerait le premier le the scoop. Annonces contradictoires en tous genres garanties. L'assaut des neuf milles cops contre le bateau dans lequel s'était réfugié un des terroristes survivant était digne d'un western de John Huston. On apprit tout d'abord que l'assaut violent avait été rendu obligatoire parce que le suspect était lourdement armé. On apprit même qu'il avait voulu mettre fin à ses jours en se faisant gorge profonde avec son pistolet. Mais, tout était bien dans le meilleur des mondes : les USA avaient gagné ! Scènes de liesse, acclamations des neuf mille héros, etc.

Or, voilà qu'aujourd'hui, on apprend que, dans son bateau, le suspect n'était... absolument pas armé ! Avec quoi s'est-il donc tiré une balle dans la bouche ? Mystère. Les forces de l'ordre voudraient donner le Niagara à boire aux théoriciens du complot (dont je ne fais pas partie) qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.

C'est ça, à l'heure de l'internet, le danger de la presse Lucky Luke. Un jour viendra, pas si lointain, on nous annoncera ce soir qu'un événement imprévisible s'est passé demain matin... Et il y aura des gens pour le croire...