Si vous appelez Véronique ou Isabelle, ou Joseph ou Albert,on sait tout de suite si vous êtes une femme ou un homme (encore que). Mais vous appelez Claude, Dominique, ça peut parfois poser problème. L'histoire est arrivée à un de mes amis (qui, parfois, aimait se faire appeler Amandine) voici une trentaine d'années. Au début de la "crise", déjà. Il avait été engagé comme Cadre Spécial Temporaire, un des premiers, si pas le premier projet de résobrtion du chômage. Vous étiez engagé pour un an maximum au salaire minimum pour un emploi le plus souvent inutile et sans intérêt. Au bout d'un an, vous étiez virés parce que votre patron devait alors payer des cotisations sociales plus élevées. 

Donc, même si elle ne 'appelait pas Amandine pendant les heures de travail, Julien (il détestait entre autres son prénom) avait été engagé pour recopier à la main sur des milliers d'enveloppe l'adresse de personnes que l'on invitait à diverses manifestations. Vous voyez combien c'était utile et tout l'intérêt que ce travail fastidieux représentait. Il avait à sa disposition un immense listing d'adresses. Il mettait un point d'honneur à écrire Monsieur ou Madame selon le prénom des destinataires. Un jour, le voilà devant envoyer le courrier à Claude Lambert. Par délicatesse, pour ne pas heurter la personne, il ne met rien devant. 

Deux jours plus tard, le chef de service reçut un coup de fil (les gsm n'existaient pas encore) d'une dame furieuse et outrée. Jamais de sa vie personne n'avait osé lui envoyer un courrier sans faire précéder son nom de Madame". Julien (ou Amandine) fut renvoyé sur le champ. Il est vrai que la dame en question avait le bras long. Elle faisait partie de la famille Lambert. La même qui avait fondé, il y a bien longtemps, la Banque Bruxelles-Lambert.

Ah, ces salauds de pauvres, non seulement pauvres, mais goujats en plus.