Charles François vient de retrouver dans ses archives une photo prise en 1984/85, en tout cas avant mon départ au Mexique. On y voit, de gauche à droite, Daniel Fourneau (peintre), l'auteur de ce blog (alors chômeur en veste Yves Saint-Laurent) et Jacques Lizène (artiste de le médiocrité). La photo a été prise à la terrasse de la Taverne Saint-Paul, alors haut lieu de rencontres fort peu artistiques entre artistes divers. Et sans doute prise fort tôt vu nos visages peu ravagés.

À l'époque, la Taverne était tenue de 10 heures du matin à une heure imprécise de la nuit par Jenny et Malou qui se relayaient derrière le bar. Une le matin, l'autre le soir. Le service aux terrasses était assuré par Jean-Marie. Ou par un autre dont j'ai oublié le prénom. C'était au temps où les serveuses nous disainet "oui, hein m'fi" quand on leur demandait si on pouvait payer demain ou plus tard. On finissait toujours par payer. Daniel et moi avions notre choppe d'étain que nous avions gravée de nos noms. Elles doivent avoir disparu. 

Ça devait être notre premier ou deuxième verre. Sinon, Daniel aurait ses Ray-Ban cent fois perdues et parlerait anglais, hey man, you know and fuck. C'était à peu près tout ce qu'il connaissait d'anglais. Jacques serait en train de chanter "derrière l'amour, il y a... tout toum toumtoum" ou en train d'interpeller une quinquagénaire pour lui dire "vous savez, Madame, vous avez dû être une très belle femme". Et le ci-devant troudballe n'en était pas encore à donner une cote sur dix à toutes les passantes. En leur donnant très rarement plus que quatre...

C'était au temps où je fréquentais mollement les vernissages. Quand Daniel y était aussi, je m'arrangeais toujours pour me mettre près d'une belle femme et dire à Daniel: "on se fait chier ici, à part toi et moi, il n'y a pas une seule belle femme". Ce qui faisait toujours hurler de rire Daniel. Ce qui fait que je me suis fait ainsi beaucoup d'amies...

Je trouve que Charles François devrait nous réunir au même endroit un quart de siècle plus tard. Enfin, tout ça ne nous rendra pas le Congo...

TavStPaul