Avant les JO de Londres, les Hauts Dirigeants du sport belge n'ont cessé de le répéter: les sportifs belges allaient montrer au monde entier que la Belgique sportive n'était pas loin de l'Everest. On allait voir ce qu'on allait voir. On allait oublier Pékin. Une pluie de médailles était promise. C'est bien simple, en cyclisme, en athlétisme, en tennis ou en équitation, ils en étaient presque à se demander si les athlètes devaient se présenter tant la certitude de médailles n'allait pas paraître humiliante pour les autres.

Résultat: rien, nada ou presque. Moins bien même qu'à Pékin. Ce qui, avouons-le est une fameuse performance car faire moins bien qu'à Pékin était chose difficile. Eh bien, ils l'ont fait!!!

Ce qui est drôle, c'est de lire les déclarations de ces mêmes dirigeants après. Ils sont heureux. La Belgique est à sa place (le sommet de l'Everest n'était quand même qu'à moins de 9 km). On parle désormais de défaites honorables, d'éliminations la tête haute. Ils reviennent avec leur sempiternel "petit pays comme le nôtre", formule qu'aucun autre pays dans le monde n'utilise. Ils parlent du manque de moyens financiers. Du manque d'infrastructures sportives dignes de ce nom. Je serais curieux de voir dans quelles infrastructures les athlètes d'Ethiopie ou de Kénya s'entraînent. Pour ne citer que ces deux pays.

Puis, il y a aussi la malchance. Prenons le cas des bébés jumeaux (je parle des Borlée Brothers). Voilà-t-il pas que ces salauds d'arbitres leur ont donné les deux plus mauvais couloirs dans la finale. C'est trop injuste. L'EPO étant interdit, n'avait-t-on pas loué plusieurs semaines durant un appartement sous oxygène raréfié pour que les bébés soient plus performants? Ça doit pourtant coûter un os, ce genre d'appartement. Ça se trouve pas sous le spike d'un athlète un truc comme ça. Résultat? Rien. Nada. Je suis un peu mauvaise langue. Les bébés jumeaux ont quand même réussi l'exploit de terminer, dans le relais, juste avant un coureur amputé des deux jambes. Ce qui, finalement, me rend plus sympathique encore la médaille d'argent de ce fonctionnaire anonyme au tir couché. Son heure de gloire lui permettra tout juste de rembourser les balles d'entraînement. 

Finalement, les Hauts Dirigeants de coib auront dépensé plus en hôtels, restos et libations qu'en primes de médailles. Ils doivent donc être contents. Avec les économies faites, ils pourront, dans quatre ans, loger dans les palaces de Rio plutôt que dans les favelas... Ouf! L'honneur est sauf!