Cette nuit était douce et tiède dans le Parc d'Avroy. Enfin, pas pour tout le monde. Un sexagénaire gay s'y est fait écrabouiller le crâne à coups de marteau par un homme d'une trentaine d'années. Le meurtrier a "justifié" son acte en prétendant qu'il avait été violé dans son adolescence et voulait ainsi se venger... Quinze ans plus tard, tant il est vrai que la vengeance est un plat qui se mange glacé.

L'occasion, pour la presse, de revenir sur la nouvelle loi, qui prendra cours l'an prochain, sur les meurtres (ou assassinats) avec circonstances aggravantes, à savoir les actes raciaux ou homophobes pour lesquels les peines seront beaucoup plus sévères.

L'idée part d'un bon sentiment. Mais je me demande si ce n'est pas là l'exemple type de la "fausse bonne idée". Imaginons le cas d'un homo qui tue un homme parce que, ça existe, il n'aime pas les hétéros.  Faudra-t-il ajouter dans la Loi, la circonstance aggravante d'hétérophobie ? Et la femme qui tue son mari parce que, tout compte fait, elle n'aime pas les roux? Circonstance aggravante ? Et que dire d'une lesbienne juive et noire, ça existe, circoncisant plus que de coutume un homme sous prétexte qu'elle ne les aime pas... Simplement parce que c'était un homme, peu importe sa religion ou la couleur de sa peau...

On imagine les palabres sans fin dans les cours d'assises... 

Il y a quelques milliers d'années, un homme est descendu du mont Sinaï avec une table des Lois. L'une d'elles disait "Tu ne tueras point". . Ça avait au moins le mérite d'être clair...