Pour ce troisième épisode, restons au début des années 70. Pour les ados de cette époque, les tentatives de savoir à quoi ressemblait l'autre corps tenait de la quête du Graal. Je le répète: pas encore de K7 vidéo, pas de DVD et encore moins internet qui, aujourd'hui, permet d'un seul clic d'entrer dans le plus sordide en silence. Nos parents n'avaient pas "fait" mai 68 et la surveillance était digne de celle de l'oeil de Moscou. Il y avait bien le cours de natation, mais il n'était pas mixte. Restaient les revues dites de cul. Chemin semé d'embûches aussi. La libraire n'aurait pas manqué de rapporter aux parents l'achat indigne. À dire vrai, le rayon était plus que restreint. Il y avait Playboy, Lui et la page centrale du Ciné-Revue. Ces trois magazines avaient un point commun: la terra incognita que l'on désirait tous connaître était barbouillée au marqueur indélébile. La légende disait même que c'était des prisonniers qui étaient affectés à cette tâche, à cette tache. Enfin, d'une certaine manière, cette procession d'interdits laissait libre cours à l'imaginaire.

C'est à ce moment-là qu'une série mythique (l'on dirait culte aujourd'hui) s'est introduite dans les foyers. Ah ! Angélique! La marquise des anges et son (in)fidèle Joffrey! [En rédigeant cet article, je me demande si Anne Sinclair n'était pas fan]. Angélique dans la cour des miracles puis dans celle du Roy, Angélique vendue au marché des esclaves. Angélique murmurant "Joffrey" dans sa couche, sur un bateau ou dans le désert. Et j'en passe. Le tout en ne voyant que l'ombre d'une poitrine ou celle d'une fesse très vite dissimulée sous un voile de dentelle. Combien de blancs draps et combien de nuits blêmes? 

Angélique, c'était une série qui semblerait plus que ringarde aujourd'hui. C'était Michèle Mercier. La petite sirène des ados d'alors. Cette série contribua à sa gloire. Puis, elle ne fit plus que quelques apparitions dans des films de plus en plus rares. Celle d'une mère entre le quadra et le quinqua dans un film intitulé 'Jeans fizz" dont le seul titre vous conseillait de ne pas aller dépenser le prix d'entrée au cinéma. Aujourd'hui, on l'invite encore quelques fois à gravir les marches au Festival de Cannes...

AMM

 

 Mais qu'est devenu Joffrey, alias Robert Hossein? Venu du théâtre, il est retourné au théâtre. Non plus comme acteur, mais comme metteur en scène de spectacles de plus en plus grand spectacle. S'attaquant à rien moins que Notre-Dame de Paris, aux Misérables avant de s'attarder à Lourdes l'an dernier. Joffrey sur le chemin de la Rédemption...

ARH