En attendant, il pleut. Sans discontinuer, ou presque, depuis le début de l'été. Wallon, sois fidèle au cresson. Evidemment, tout le monde râle. Surtout la triste plèbe qui n'a que juillet pour tenter d'oublier onze mois de labeurs emmerdants et de moins en moins bien payés. Je te l'avais dit, on aurait dû partir en août! Mais en août, on sait pas ce qu'on aura, en attendant, en juillet, au moins, on le sait. 

Je m'en fiche un peu. Je n'ai pas ce genre de discussion futile mais ô combien importante dans les nobles cellules familiales où l'on fait semblant de s'aimer en attendant le divorce qui se présente dans 75% des cas. Voilà bien un domaine dans lequel les climatologues devraient se convertir, leur pourcentage de réussite serait plus grand. 

Je m'en fiche parce que, avec 1014 euros par mois, les vacances, je ne sais pas ce que c'est. D'autant que, moi, c'est 365 jours de vacances par an. Ce qui signifie que, même dans les pires années, je suis au moins certain d'avoir une cinquantaine de journées de soleil chaque année. Ce qui est tout de même nettement plus important que chez les juilletistes et autres aoûtiens. 

Je disais donc qu'en ce juillet 2011, tout le monde râlait. À part les vendeurs de gaufres de Bruxelles et de parapluies de la Mer du Nord. Même les oncologues râlent. A-t-on vu un seul article sérieux dans la presse, ces derniers jours, pour parler de l'immense manque à gagner des oncologues en cet été pourri? Car qui dit pluie dit régression importante du nombre de mélanomes malins. Et ils vont faire quoi, ces malheureux lorsque la bise sera venue? Chanter? S'inscrire à l'agence pour l'emploi? Ou espérer que la pluie soit japonaise et nous apporte un cancer nouveau? Je sais pas. Mais je trouve que la presse ne s'intéresse que trop peu à leur misérable situation.

Par contre, la récolte de champignons va atteindre des records. Deux mois à l'avance qu'elle prend. Il serait peut-être temps de coter les champignons en Bourse. Normalement, leur prix devrait baisser, mais il y aura toujours un boursicoteur pour dire que la pluie de cette année était plus mouillée que l'an dernier et que cela justifie les 4 ou 500 % d'augmentation. Les champignons, c'est un peu comme les moules : moins il y en a et plus ils sont chers. Et plus il y en a, plus ils sont chers aussi. Cinq euros le kilo de moules aujourd'hui ! J'ai décidé de me faire des huîtres marinières: ça revient moins cher.

Et encore, je ne parle pas des agriculteurs. Mais bon, eux, c'est un cas à part: qu'il pleuve, vente, neige, fasse soleil ou non, le temps est toujours mauvais...

Bon, je retourne sur la plage des pages de livres. Il en reste tant et tant à lire et puis la chair est trop triste, hourra, que pour y perdre son temps...