Lisant, quasiment chaque jour, les divers commentaires postés par des lecteurs (et lectrices) de journaux populaires belges, je suis de plus en plus sidéré de lire des propos de plus en plus racistes et de plus en plus répugnants qui sortent des claviers anonymes sans que les divers modérateurs fassent la moindre remarque. Bien entendu, vous me direz que, ces journaux-là, le racisme, c'est leur fonds de commerce. Mais bon, quand même. On dirait presque que ces personnes ont la haine à la place du sang. Ça leur sort de partout, de leurs trous de nez morveux, de leur bouche baveuse, de leurs hémorroïdes qui leur sortent comme autant de stalactites purulentes de leur fondement. Et ce, à propos de n'importe quel sujet. Que ce soit la politique, l'écologie, la religion, le sport, le cinéma, tout, tout, tout et plus encore. Quoi ? Un Hollandais veut reprendre un club de foot wallon ? Qu'on pende ce Batave ! Quoi ? Un "noir" au volant d'une formule 1 ? Quel dommage qu'il ne se soit pas tué dans un virage ! Je pourrais citer mille exemples, mais ces deux-là me font déjà mal aux doigts.

Mais il faut comprendre ces "braves gens" nombriliquement wallons et qui n'ont jamais rien vu d'autre du monde qu'une plage all inclusive où on pouvait encore leur servir un boulet-frites-jupiler. Ce sont des honnêtes gens. Ils travaillent, Eux.  Et pas au noir. Ils payent leurs impôts, Eux. Ils traversent dans les clous, Eux. Ils roulent à 25 dans les zones 30 et n'ont jamais stationné illégalement, Eux. Alors, faut pas qu'une quelconque bactérie humaine d'origine étrangère vienne leur pisser dans le nombril. Parce que, alors, ils se fâchent ! C'est qu'ils sont chez Eux, Eux. Et qu'ils ont le courage de dire (masqué) tout haut ce que tout le monde pense tout pas. Parce que, persuadés de leur génie universel, tout le monde pense comme Eux. 

Certains d'entre Eux savent même écrire de manière plus ou moins compréhensible. Et font même preuve de "subtilités". Ils savent qu'il est des mots qui sont aujourd'hui, allez savoir pourquoi, "répréhensibles" et qui pourraient même leur valoir des ennuis judiciaires ! Vous imaginez l'injustice de la Justice ? Alors, comme ils savent que des moteurs de recherche peuvent retrouver ces mots dans leur prose adipeuse, ils écrivent "N--g__es", "Mar....f", etc... 

Depuis cinq ou six mois, l'un d'entre Eux a eu une idée un peu plus subtile. Eux, ils savent que quand un individu commet un crime plus ou moins crapuleux, il est évident que l'auteur ne peut provenir que d'une contrée où l'on ne vénère pas Dieu ou bien d'une sombre jungle animiste. De là est née cette nouvelle expression : "C'est sans doute un Suédois". Expression qui fait bien rire la tribu des Eux et qui, maintenant, fait florès après le moindre fait divers...

Ce qui me fait rire, c'est que, lorsqu'ils apprennent que le criminel s'appelle Marcel Dupont (nom d'emprunt), nos gueulards se retrouvent aussi muets que les fourneaux d'Arcelor...