C'est, en moyenne, le nombre d'heures que l'animal humain consacre au travail. Cela représente un peu plus de... dix années entières de vie ! Dix années consacrées à un ou plusieurs patrons. Un chiffre somme toute hallucinant lorsque l'on apprend que 80 % des travailleurs sont insatisfaits de leur travail. À se demander pourquoi, dès lors, ils s'obstinent à revenir chaque jour. Certes, il faut bien manger. 

On a beaucoup parlé du tsunami, ces derniers jours. C'est vrai que 20 000 vies perdues d'un seul coup de vague, c'est impressionnant. Ce l'est beaucoup moins lorsque l'on apprend que, chaque année, 10 000 Japonais meurent sur leur lieu de travail. Le travail fait donc beaucoup plus de victimes au Japon qu'un raz-de-marée.

Véritable religion chez certains (j'en connais qui vont travailler avec 40 de fièvre), on constate un taux de divorce deux fois plus élevé dans les couples où l'un des deux partenaires travaille 2 heures de plus par jour. Il est vrai que quand on n'aime, on ne compte pas, même ses heures de labeur. Jusqu'à ce qu'on ne compte plus du tout. Notez qu'on se demande pourquoi l'animal humain continue de se marier lorsque l'on sait que, en Belgique, pour cent mariages, on compte 75 divorces. L'animal humain n'est pas à un paradoxe près.

Heureusement, il y a les vacances. Ah ! Enfin, le repos bien mérité. Que font 35 % des Belges qui profitent de ce farniente ? Eh bien, ils pensent... à leur travail ! 20 % d'entre eux se sentent même coupables de savoir que leur absence implique une surcharge à leurs collègues. Quand je vous parlais d'une religion...

Et, au bout du compte, que trouve-t-on ? Pour quelques uns, une retraite un peu dorée dans une maison à la campagne ou sous le soleil. Pour la grande majorité, une fin de vie dans un mouroir que leur pension ne suffira même pas à payer...