Depuis quelques années, c'est devenu comme une mode chic d'envoyer ses enfants dans des écoles où l'on pratique l'immersion totale dans le but d'apprendre les langues étrangères. Je ne critique pas le principe mais, de plus en plus, je me pose la question de savoir s'il ne serait pas de toute première instance d'exiger une immersion en langue maternelle...

Passons sur le langage SMS (ou texto). Il a sa propre logique et il n'est pas aussi récent que l'on veut bien le faire croire. Il suffit de lire Zazie dans le métro de Queneau pour s'en convaincre. 

Je ne suis pas un ardent défenseur de l'orthographe académique. Le problème se pose lorsque l'on se demande si c'est bien du français qu'on lit ou une autre langue agglutinante d'origine non indo-européenne. Ainsi, l'autre jour, lisais-je sur un "forum" : " je n'é jamait autanps ri de ma vi"... Passons encore, le rédacteur n'avait qu'une vingtaine d'années.

Par contre, voici quelques mois, je lisais la copie d'une dame licenciée en philologie romane (une spécialiste, donc). Copie destinée à ses disciples. Cela commençait ainsi : J'ai demander (sic) aux élève (resic)... 

Sans aller jusqu'au bout de la feuille, j'ai relevé une bonne trentaine de fautes qui n'étaient pas de frappe mais simplement d'une méconnaissance totale de sa langue maternelle. Gageons que, dans la classe de cette dame, il n'y a pas non plus de dictionnaire... D'ailleurs, ce livre essentiel n'est-il pas devenu obsolète ? Les élèves apprennent-ils encore à s'en servir ? Les profs savent-ils l'utiliser ? J'en doute de plus en plus. 

Il ne faudrait pas tout mettre sur le dos des étudiants, soi-disant de plus en plus ignares. Si son professeur l'est aussi, il n'est pas étonnant que l'élève le devienne.