Madame Marie-Dominique Simonet n'occupe pas une sinécure. Être ministre de l'Education (obligatoire, qui plus est) a toujours été un cadeau empoisonné. En ce moment, les enfants sont en vacances. Sont-ce les effets de la canicule ? mais Madosi (pour faire bref) vient d'avoir une idée digne d'un esprit frappé d'insolation : il faut absolument surveiller les lectures de nos jeunes têtes ! C'est d'autant plus étonnant que, à longueur d'année, et depuis longtemps déjà, on ne cesse de répéter que les jeunes ne lisent plus. Donc, les jeunes liraient.

Et voilà donc que l'on recommande aux professeurs de français (dont on n'est pas certains qu'eux-mêmes lisent) de ne pas offrir aux pauvres yeux de nos ados des lectures trop violentes ou trop érotiques. Ben tiens. Et sur quels critères se baser ? Personnellement, si j'étais prof, je trouverais particulièrement obscène de faire lire du Musso (entre autres) à des étudiants. Demander à Monseigneur Léonard de rééditer l'Index ? Non, non, s'écrie Madosi, il ne s'agit pas de censure. De quoi s'agit-il alors ? D'une surveillance... Une surveillance, à l'heure d'internet !!! Madosi a le sens de l'humour. N'aurait-elle pas été plus honnête de dire qu'il fallait éviter de donner aux jeunes des livres qui empêchent de réfléchir ? Car, existe-t-il un seul grand écrivain qui n'ait eu recours aux scènes violentes et/ou pornographiques ? À commencer par la Bible d'ailleurs, qui, question d'histoires de cons, de queues, de culs et de sanglantes violences est une véritable encyclopédie du genre... Commençons donc par interdire la Bible. Et puis Perrault, et puis Grimm, et puis la grande-prêtresse du sado-maso qu'était la Comtesse de Ségur... À ce rythme-là, il n'y a guère que Minou Drouet qui pourrait encore être enseignée. Et encore...

Allez, on disait que la canicule était responsable de ce coup de sang. Souhaitons de bonnes vacances à Madosi. De toute manière, il y a de fortes chances qu'à la rentrée elle ne soit pllus à l'Education (obligatoire, donc).