23 novembre 2009
Entendu
Dans l'autobus 20, ce lundi de pluies et de vents.
Deux dames, la cinquantaine...
- On ne mange plus de spaghettis chez nous...
- ???
- Non, tu vois, on mange des capellinis, ça ne met que quatre minutes à cuire pour 7 ou 8 aux spaghettis... Au bout de l'année, si tu fais le compte, ça fait une belle économie de gaz.
Y'a aussi les pâtes japonaises qu'il suffit de tremper dans l'eau froide...
PS : oui, je mets "s" à spaghettis, même si je sais que c'est un pluriel italien. J'en mets aussi à souris.
Lu
In la DH "journal" populiste belge spécialisé dans les sports :
"Malheureusement,son attitude a elle aussi été la même vis-à-vis des journalistes, puisque les seuls mots qu'il a dénié (sic) accorder à la presse"...
Sans doute encore un"journaliste" qui a obtenu son diplôme en Arts de la communication à l'Université de Liège ???
20 novembre 2009
On est bien peu de chose...
Voici dix-huit mois, cette photo s'est vendue 91.000 dollars à New-York.
Hier, à Paris, l'enchère maximum a atteint 5.800 euros et "l'oeuvre" a donc été retirée de la vente.
Reste au propriétaire d'en faire un poster dont les bénéfices seront versés à une fondation contre l'anorexie.

On est bien peu de chose et mon amie la rose me l’a dit ce matin
17 novembre 2009
De la Préhistoire
Dimanche, Elise me demande si je veux bien jouer avec elle à l'école. Mais, précise-t-elle, pas l'école de maintenant, hein, celle de dans le temps, quand tu devais dire Monsieur et vous à l'instituteur...
Enfin, comme ça, elle apprendra toujours la deuxième personne du pluriel...
C'est quand même plus classe de dire "Votre mère", non ?
09 novembre 2009
Murs
9 novembre 1989, chute du Mur de la honte.
Gaza, 2009... C'est pas grave... C'est pas pareil...
Alors, qu'est-ce que c'est ?
L'Evangile selon saint Argent
En Angleterre, depuis quelques mois, ce n'est plus dans d'austères universités que les spécialistes de l'Economie viennent exposer leurs théories. Ils préfèrent parler de cela dans les églises. Et pas n'importe lesquelles. Saint-Martin on the Fields et la cathédrale Saint-Paul, ce n'est pas rien quand même. C'est donc là qu'ils viennent propager leur bonne parole. C'est assez amusant.
"Les bénéfices ne sont pas diaboliques", "Nous devons tolérer les inégalités comme le moyen d'accroître la prospérité et les chances de chacun"... "L'injonction de Jésus d'aimer notre prochain comme soi-même est une approbation de la recherche de l'intérêt personnel"...
Certains lecteurs du Christ avaient déjà dévoyé ses propos pour créer le très criminel catholicisme. Mais, finalement, à y regarder de plus près, la multiplication des pains, n'était-ce pas déjà l'ébauche des stocks-options ? La guérison du paralytique, l'esquisse des assurances santé privées ? Et Madoff ? N'a-t-il pas appliqué à la lettre la bonne parole "Croissez et multipliez"?
Sans parler des pêches miraculeuses...
06 novembre 2009
Les prix littéraires
Cela n'étonnera personne de savoir que je n'ai jamais obtenu le moindre prix littéraire. Pourtant, si, j'en ai reçu un, au début des années 80 ! J'avais envoyé à Bordeaux un opusculet simplement parce que le prix consistait à recevoir mon poids en bouteilles de vin. J'avais trouvé cela drôle. Tout au plus deux douzaines de bouteilles, vu mon poids d'alors et celui d'aujourd'hui. Mais, à l'époque, les frontières existaient encore. De sorte que cela aurait coûté beaucoup aux organisateurs de payer les taxes. Ils donnèrent donc les bouteilles à un écrivain de la région...
Je viens d'apprendre que Jean-Philippe Toussaint avait raté le Goncourt mais reçu le Décembre. Je n'ai jamais lu une seule ligne de cet auteur. Mais, en même temps, j'apprends qu'au moment de la distribution des prix, il s'est retiré dans un coin perdu, inaccessible aux gsm, appareil qu'il déteste autant que moi, qu'il refuse les interviews à la télé, aux journaux, etc... Il faudra bien que je le lise un jour, il m'est trop sympathique.
J'apprends, en même temps, par les louanges d'un journaliste du Soir, que Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain parce qu'il est homme à rechercher le mot juste, la phrase bien pesée, structurée. Diable ! Un peu comme si l'on disait d'Untel qu'il est un grand peintre parce qu'il sait ce qu'est un pinceau ! Cela voudrait-il dire que, depuis au moins vingt ans, on n'a encensé que des auteurs de vent ? Cela me rend Jean-Philippe Toussaint encore plus sympathique. J'aimerais le rencontrer. On ne se dirait rien, sans doute, mais, au moins, on se comprendrait...
Le plaisir d'écrire, donc...
J'ignore pourquoi, beaucoup de gens (enfin, beaucoup... hahaha) pensent que j'écris avec autant de facilité que d'autres font une purée moussline. Je suis plutôt un écrivain besogneux, capable de rester une journée sur une virgule. Ne cauchemardons pas sur le point-virgule. Disons que ce point-de-vue arrange plutôt les pseudos-éditeurs (excusez le pléonasme) quand il s'agit de payer le cachet . Quand ils le paient... Et ce à un tarif encore moindre que celui d'une secrétaire débutante... Mais bon, je m'égare...
En fait, j'ai toujours eu honte de mon "métier". Les rares fois où j'ai participé à des soirées littéraires et que l'on me demandait ce que je faisais, je répondais volontiers "chômeur". Je ne mentais pas. Mais ça mettait mal à l'aise.
Quand il m'arrive d'écrire (eh, non, je ne le fais pas tous les jours, ni même tous les mois), je suis incapable de le faire plus de quatre heures d'affilée. Parce que, après, je suis épuisé. Et c'est de là que vient ma honte. L'image de mon père me revient de suite à l'esprit. Comment puis-je parler d'épuisement alors que je suis simplement en train de salir une feuille d'encre alors que lui, à douze ans, se creusait les mains dans les veines d'une mine ???
Je me le demande encore et toujours aujourd'hui.
Non, écrire n'est qu'un jeu, donc un plaisir... D'ailleurs, quand ma vieille soeur de 72 ans m'appelle au téléphone (car, à 72 ans, elle n'a plus rien d'autre à faire que de m'appeler au téléphone) et que je lui dis que je suis en train d'écrire, elle me répond "ah, bon, alors, je peux te parler". Si je lui réponds que je suis en train de faire la vaisselle, elle s'excuse "oh ! tu es occupé, je rappellerai plus tard"...
Je ne sais pas si je serai encore invité à l'une ou l'autre manifestation littéraire (j'avoue ne pas souvent ouvrir les enveloppes relatives à ces "festivités"). Enfin, si cela devait arriver après le 28 décembre de cette année, je ne pourrai plus répondre "chômeur" aux gens qui me demanderont ce que je fais. Je devrai dire "invalide".
Ce qui m'embête un peu parce que, avec ce nouveau statut, sauf dérogation du médecin-conseil, il me sera tout simplement interdit d'encore écrire...
Quel plaisir !
D'une dinde à l'oie
L'autre jour, je profitais des dernières tiédeurs de l'automne pour prendre un café avec une amie que je n'avais plus vue depuis quelques années. Diable sait pourquoi, elle me demanda si j'avais retrouvé une nouvelle compagne (comme si j'avais même cherché à le faire). Je lui répondis très posément que je préférais encore me branler dans un avaloir d'égoût plutôt que d'encore toucher le bout d'un doigt d'une femelle. Ce qui fit éclater de rire la dite amie.
Ce ne fut pas le cas de la dame assise à la table à côté. Une dinde trentenaire et déjà tellement bien farcie qu'on se serait cru la veille de Noël. "Monsieur, vous êtes grossier" m'interpella-t-elle comme si je lui avais demandé quelque chose de Tennessee ou d'ailleurs. Toujours très calme, je lui répondis que je n'étais pas grossier, mais poète. Avec celle-la, je savais que son foie gras allait lui sortir du croupion. De fait. Elle se leva brutalement en me toisant et en me disant espérer ne jamais lire un de mes livres, si toutefois j'en avais jamais écrit. Elle risquait pas grand chose... Encore une qui a l'image d'Epinal du poète et qui pense certainement que Rimbaud enculait Verlaine en alexandrins...
Rentré chez moi, je me passe avant tout les mains et le visage à l'Iso-Bétadyne car l'amie en question m'avait malgré tout embréssé pour me dire au revoir. Et je pense même bonjour, mais cela n'a pas d'importance...
Je passe ma soirée à feuilleter d'anciennes revues qu'un ami me refile de temps à autre. Je tombe sur l'interview d'une poétesse étalant ses sentiments sur le "plaisir d'écrire"... Y'a des jours comme ça où rien ne va. Je la connais, de fort loin, cette poétesse, qui prend sa plume d'oie comme d'autres font du macramé ou, plus in, du scrapbooking... Le plaisir d'écrire ! Tiens, je t'en donnerais, moi, du plaisir d'écrire...
http://www.youtube.com/watch?v=cJn413Vczf4
04 novembre 2009
Âges
On naît. On attend un siècle avant de fêter ses vingt ans. Et, une saison plus tard, on est déjà plongé dans la cinquantaine. Avec pour seul souhait celui de ne pas vivre aussi longtemps que Levi-Strauss...

