Liège, hélas

Bric-à-brac du quotidien dans la plus laide ville du monde et de sa banlieue s'étendant jusqu'aux pôles: Liège, hélas.

27 avril 2009

Un dimanche de Doyenne

Chaque année, ça commence comme cela. Un peu avant dix heures, le dimanche matin. Si le vent le permet, on entend comme une rumeur venant de la place Saint-Lambert. On ne comprend rien aux paroles sorties des hauts-parleurs. On ne comprend rien, mais on devine.

En fait, ça commence dès le jeudi précédant ce dimanche. Sur les routes, on voit des anonymes caparaçonnés d'ors, de couleurs brillantes. Les mêmes que leur chevalier préféré. Ils ne sont plus anonymes. Ils sont leur chevalier. Ils vont plus vite que lui. Ils ont plus de résistance, plus de courage, plus de bravoure.

J'ai été comme cela, lorsque j'avais dix ans, sans ors, sans couleurs criardes, sans aucune autre monture qu'un petit vélo bleu plus proche de l'âne moribond que du fier destrier. Je n'ai jamais compris pourquoi, les "journalistes sportifs", ces cons, firent d'Eddy Merckx le plus grand champion cycliste de tous les temps. Il est vrai que j'étais tellement léger, tellement rapide, qu'ils ne virent jamais que, à chaque course, je le devançais nettement au sprint ou le laissais seul dans sa solitude idiote et douloureuse de grand champion. C'était lui qui souffrait tandis que je le laissais sur place en sifflotant ou en me grattant le nez.

Peu avant seize heures, on entend les premiers bruits des pales de l'hélicoptère. Si on est dans son jardin, on a compris que les survivants arrivaient doucement au-dessus du Sart-Tilman. On a compris qu'ils allaient bientôt plonger vers la Meuse. Vers le stade peint en rouge, voisin des usines agonisantes. Vers ce temple que les "journalistes sportifs", ces cons, appellent "l'enfer rouche de Sclessin". L'hélicoptère est à présent au-dessus de ma tête, au-dessus du jardin. Les survivants longent le squelette des usines, le terril n'existe plus, ils tournent à droite. C'est une dernière côte, la vraie dernière ne comptant presque pas. Les survivants entrent dans la Little Italy liégeoise. Parfois, pas toutes les années, le vent m'apporte les clameurs. On sait dire alors si le coursier de tête vient de la péninsule. Ce n'était pas le cas cette année. Mais, malgré tout, la foule crie. Encourage. Il reste le boulevard Kleyer, non loin de chez moi, le plateau de Saint-Nicolas, la grimpette vers Ans. Le dernier virage. La ligne blanche tracée la veille.

Une nymphette banale remet le trophée au vainqueur. Les deux premiers perdants auront droit à un bouquet plus petit, à un baiser donné par une jupe black toute vêtue de blanc et minijupée au ras du continent.

Sur le podium aussi, un sinistre politicien siliconé d'un sourire vermifuge censé lui apporter des voix. Un pâle et veule personnage qui, en une simple seconde, assassine toute enfance...

Mais, bien entendu, comme chaque année, ce fut la plus belle et la plus historique des Doyennes...

Du moins si j'en crois les "journalistes sportifs". Ces cons...

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23 avril 2009

Sondage

58 % des lecteurs de la DH justifient l'usage de la torture pour lutter contre le terrorisme.

On ne sait pas combien accepteraient de devenir tortionnaire si on leur demandait.

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22 avril 2009

Ça tombe bien

Si la Belgique le voulait vraiment, elle pourrait diminuer de près d'un tiers sa consommation énergétique et ainsi réaliser une économie de 5,2 milliards d'euros par an.

C'est du moins ce qu'affirme le cabinet de conseil McKinsey après une étude commandée par la FEB (Fédération des Entreprises Belges, un interlocuteur valable selon Doudou Delruelle, philosophe, etc).

5,2 milliards d'euros, ça tombe bien. C'est, au centime près la somme prêtée par l'Etat belge à Madame Fortis Banque.

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Cheurlè et Gennifair

Elle est assisse en face de moi dans l'autobus 20 et parle avec une amie. L'an prochain, toutes deux devront sans doute payer au moins une fois la surtaxe promise par Ryanair aux voyageurs trop gros.

- Awè, hein, j'en avais marrrrre, hein, tu comprends. Je les ai mises en pension, moi, Cheurlè et Gennifair. Dès ! À mon âche, me lever tous les matins pour leur faire leurs tartènnes. Et puis le soir les devoirs, keske j'en ai à foutttte moi des devoirs. Et pwè, leurs questchions ! Dès, man, c'est ki le monsieur k'est revnu hier avec toi ! Tu t'rends compte ? Là, maintnant, j'suis tranquiiiiiiile, hein, putain, les enfants, si j'avais su, je m'serais fait faire la totale à vingt ans...

- Elles ont quel âge maintenant ?

- Ben Cheurlè! huit et l'autre sept.

Je devrais prendre le bus plus souvent...

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Flagrant délire

En France, le Medef vient de mettre en place un "comité d'éthique" (hahaha) chargé de se saisir des abus patronnaux les plus flagrants.

Mais alors vraiment flagrants flagrants. Promis. Croix de bois, croix de fer...

Je dirais même flagrants, flagrants, flagrants.

On va quand même pas se réunir une fois tous les trois ans pour les peccadilles...

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Demande de prêt

Chère Madame Fortis Banque,

Ce petit mot pour vous dire combien je compatis aux lourdes pertes financières que vous avez subies l'an dernier suites aux diverses escroqueries savamment orchestrées envers ces salauds de pauvres et de moins pauvres qui vous faisaient confiance. Si on ne peut même plus voler le petit peuple, je suis d'accord avec vous, comment pourrait-on encore s'enrichir ? Je vous le demande.

Afin de rendre vos blessures moins douloureuses, j'apprends que l'Etat belge vous a octroyé un petit prêt de cinq milliards d'euros afin que vous puissiez survivre sur le trottoir. Une fois de plus, je suis d'accord avec vous : que d'avarice mesquine de la part d'un Etat sur lequel, durant de nombreuses et longues années, vous vous amusâtes à cracher dignement, lui reprochant, à juste titre de vous empêcher de vous enrichir plus encore. Si cela était possible.

Dire combien je comprends votre indignation face à cette sordide ladrerie étatique me semble impossible.

C'est pourquoi je me permets, chère Madame Fortis Banque, à mon tour de vous demander de bien vouloir m'octroyer un petit prêt s'élevant à un demi-million d'euros. Une paille, à peine un dix millième de l'aumône chichement octroyée du bout des serres de l'Etat assassin. Non point, Madame la Banque, que je veuille m'installer dans un luxe qui serait de mauvais aloi en ces temps de crise, mais simplement parce que j'aimerais vivre les dernières vingt années qu'il me reste à vivre en mangeant autre chose que des pâtes chaque jour.

Il va de soi, chère Madame Fortis Banque, qu'il est hors de question que je vous rembourse jamais le moindre centime de votre aide, cela pourrait m'amener à un manque de liquidités dommageable que vous comprendrez sans peine.

En attendant votre réponse positive à ma demande, je vous prie de croire, Madame Fortis Banque, à mon mépris le plus profond et en l'espoir de voir vos sinistres dirigeants frappés de maladies auprès desquelles la peste bubonique aura l'air d'un simple refroidissement.


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Plainte

La direction de Continental France a déposé une plainte suite aux dégradations commises par ses salauds de pauvres qu'elle salariait jusqu'à présent.

On ne peut excuser la violence, s'est expliqué le président de la société.

Quelques vitres brisées, c'est évidemment beaucoup plus violent que de briser la vie de centaines de personnes.

On espère, pour la direction, que les vandales coupables de ces inadmissibles dégradations seront condamnés à l'écartèlement en place publique et que leurs enfants paieront pendant plusieurs générations les méfaits de leurs honteux géniteurs.

Posté par josephorban à 17:03 - Apolitiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2009

Ben quoi ?

L'Etat belge (ou du moins ce qu'il en reste) avait généreusement prêté aux pauvres requins dirigeants la glorieuse Fortis l'aimable aumône de 5 milliards d'euros. La depuis lors fort peu glorieuse Fortis vient d'écrire à l'Etat belge qu'il n'était pas question de rembourser ce prêt. Cela aurait "un impact trop important sur sa position en liquidité".

Même les maffieux n'oseraient pas agir ici. Ils ont tout de même un code d'honneur.

Mais nous sommes ici entre gens très honorables. Nous n'allons pas chicaner pour si peu.

Je vais quand même tenter le même courrier à la ville de Liège lorsque celle-ci me réclamera prochainement les 100 euros de taxe sur les immondices. Car, à dire vrai, ces cent euros ont un impact vraiment très important sur mes liquidités.

Gageons que j'aurai les huissiers dans l'heure.

Il est vrai que les dirigeants de chez Fortis savent très bien que nos prisons sont surpeuplées et que la guillotine a été abolie. Et alors ? Il doit bien encore rester quelques cordes ou quelques fils d'acier chez Arcelor pour les pendre par les pieds, non ?

Posté par josephorban à 23:52 - Salauds de pauvres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2009

Cauchemar

Elise s'éveille vers trois heures du matin. Elle pleure. Elle a fait un cauchemar. Entre deux larmes, elle dit qu'elle était à l'école, qu'il y avait un stagiaire et que le stagiaire coupait la tête de tous les enfants.

Décidément, l'école...

Je me demande s'il existe sur terre une seule personne ayant rêvé de l'école sans que ce soit un cauchemar...

Posté par josephorban à 17:29 - La vie comme elle va - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quand le bâtiment va

Finalement, le séisme des Abruzzes, c'est une bonne chose pour Silvio. Non seulement il promet que les 3/4 des habitations détruites seront habitables dans un mois (un peu comme Kouchner qui, en septembre dernier, prévoyait d'arranger les bidons en Palestine pour octobre), mais, en plus, il remonte dans les sondages.

On ne sait pas si le sondage a été effectué auprès de ses amis mafieux chargés de tout ce qui est construction en Italie.

Encore un petit effort et, comme avec Benito, les trains arriveront à l'heure...

Posté par josephorban à 17:26 - Apolitiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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