Ça se passe à Venise. Puisqu'il paraît que c'est là que tout se passe. L'artiste déambule avec un petit lecteur de DVD fixé sur sa poitrine. On peut y voir des "films" dans lesquels l'artiste se met en scène.

L'artiste s'explique:

"Pour moi, l'important est de découvrir, de voir des gens. C'est une expérience qui permet de grandir en quelque sorte".

C'est toujours important, si l'on veut exprimer la profondeur de sa pensée, d'utiliser "en quelque sorte" ou "quelque part". C'est même quasi obligatoire dans la phraséologie contemporaine.

"En étant dans le off" (ouf! il n'est quand même pas l'invité officiel de la Biennale), "avec un travail léger qui pousse à déambuler sans jamais se fixer, cela permet aussi de rester toujours dans le mouvement".

Il me faut au moins trois jours pour traduire (je ne suis pas philosphe) que ça signifie, entre autres,"si je suis immobile je n'avance pas et si j'avance c'est que je ne suis pas immobile". Mais, ça fait un peu vulgaire comme traduction.

Voilà deux pensées, à la suite l'une de l'autre, d'une profondeur telle qu'il me faut longtemps pour reprendre mes esprits et mesurer mon immense imbécillité.

Le critique qui relate les premiers jours de la Biennale de Venise, ne prend pas position. Il ne fait que relater. Il est vrai qu'en ces temps d'art aisé, la critique est devenue difficile.

Il y a quelques mois, le même artiste réalisait une performance publique vêtu d'un masque SM. Il a fallu une trentaine d'années pour se rendre compte que c'étaient là les initiales de ses prenom et nom et que, donc (non cogito ergo sum) tout le monde était SM.

Je me demande si, partant du même principe, je ne vais pas déposer un projet deperformance artistique pour être officiellement invité aux cérémonies des prochains Jeux Olympiques.

Ce qu'il y a de bien avec l'art contemporain, c'est que, moins on a à dire, plus cela fait de bruit. C'est le principe des tonneaux vides...

Je sens que je vais encore me faire quelques amis...